Alors que le Projet de résilience agricole (PRA) vient de s’achever à Ranérou, la ministre de la Famille et des Solidarités, Maïmouna Dièye, lance ce mardi à Podor le Programme de réponse à l’insécurité alimentaire (Psa). Doté de 1,3 milliard de F CFA, ce programme vise à soutenir 10 000 ménages vulnérables dans les départements de Podor, Matam, Kanel, Bakel et Goudiry, particulièrement affectés par la crue du fleuve Sénégal. Chaque ménage bénéficiera d’une aide directe de 135 000 F CFA pour traverser la période de soudure, rapporte Le Quotidien.
Mais la cérémonie de lancement pourrait être perturbée par le boycott du personnel du Secrétariat exécutif du Conseil national à la sécurité alimentaire (Sec-Cnsa). Selon la presse, les agents dénoncent quatre mois d’arriérés de salaire et leur mise à l’écart dans l’identification des bénéficiaires, un processus qui leur revient normalement.
Cette opération intervient dans un contexte de polémique persistante autour des 8 milliards F CFA annoncés en 2024 pour les sinistrés du Nord. Le mouvement Gueum Sa Bopp a annoncé une plainte, tandis que le député Mbaye Dionne a adressé une question écrite à la tutelle : « Près d’un an plus tard, les interrogations persistent sur la destination réelle de ces fonds ».
Face à ces critiques, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, a rappelé que des transferts directs et des financements en semences avaient bien été effectués sur la base de rapports officiels.
Le lancement du Psa à Podor illustre la volonté des autorités de renforcer la protection sociale et la résilience des populations face aux inondations et à l’insécurité alimentaire. Cependant, le boycott du Sec-Cnsa et les polémiques autour des fonds précédemment annoncés soulignent les défis persistants en matière de transparence et de gestion des programmes sociaux dans la région.

