Treize mois après les premiers signalements et dix mois après sa propre saisine officielle, le député Guy Marius Sagna ne cache plus son exaspération. Dans une interpellation écrite adressée au ministre de l’Industrie et du Commerce, il dénonce des lenteurs « inexplicables, inacceptables, intolérables » dans le traitement du dossier de la Chambre de commerce, d’industrie et d’agriculture de Ziguinchor.
Le dossier, estime-t-il, est lourd et préoccupant : plus de 150 millions de F CFA auraient été versés à l’hôtel Kandiandoumagne entre 2014 et 2024, alors que le gérant de l’hôtel cumulait la présidence de la Chambre de commerce. Pendant ce temps, les employés vivent dans la précarité, et l’institution accumule des dettes sociales de 30 millions de F CFA. Des fonds auraient également disparu lors de la campagne d’anacarde de 2024, gérée par la Chambre au port de Ziguinchor.
Face à ces faits, Guy Marius Sagna pose une question directe et incisive :
« Le président de la Chambre de commerce de Ziguinchor est-il protégé au détriment des populations, des travailleurs et des intérêts du Sénégal ? »
Le député évoque également des représailles internes. Le Secrétaire général de la Chambre a été relevé de ses fonctions par le président mis en cause. Malgré une intervention partielle du ministère pour rétablir ses droits, le paiement de son salaire reste incomplet. « Cette situation n’a que trop duré », insiste le parlementaire.
Guy Marius Sagna appelle le ministre à faire preuve de courage politique : publier les résultats de la mission de vérification, prendre les mesures nécessaires et « nettoyer son département ». Il exige aussi que les agents ayant retardé la transmission de la saisine soient identifiés et sanctionnés.
Dans son interpellation, le député ne cache pas son exaspération :
« Ô lenteur ennemie ! Un coup de balai s’impose dans votre département. »
Treize mois après le début de ce scandale présumé, le dossier de la Chambre de commerce de Ziguinchor reste ainsi un symbole de lenteur administrative et de manquements graves, sous le regard attentif de Guy Marius Sagna et de l’opinion publique.

