Un dealer piégé par l’OCRTIS à Sacré-Cœur
Dakar, 9 octobre 2025 — Un vaste réseau de trafic de drogue reliant les États-Unis au Sénégal vient d’être démantelé par la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar. L’opération, menée par l’OCRTIS (Office central de répression du trafic illicite des stupéfiants), a permis l’arrestation d’un individu considéré comme l’un des relais clés de ce trafic international de MDMA, plus connue sous le nom d’ecstasy.
Un piège minutieusement orchestré
Le mardi 7 octobre, vers 22h15, les enquêteurs ont mis la main sur A.L. Diop, un mécanicien de 30 ans, connu sous le pseudonyme de Babou. L’homme a été arrêté à Sacré-Cœur, non loin du supermarché Auchan, alors qu’il venait livrer une commande test passée par les enquêteurs eux-mêmes.
L’opération avait été déclenchée après plusieurs semaines de surveillance et d’exploitation de renseignements signalant un réseau actif entre la Cité Keur Gorgui et Sacré-Cœur, avec des liens d’approvisionnement en provenance des États-Unis.
Lors de son interpellation, le suspect transportait trois sachets de 5 grammes de MDMA, conditionnés pour la vente. La fouille a également permis de saisir deux téléphones portables, un portefeuille et sa carte d’identité nationale.
Une perquisition révélatrice
Les enquêteurs, guidés par les données extraites de ses téléphones, ont ensuite localisé le véritable domicile du trafiquant, situé à Sacré-Cœur, où une perquisition a permis de découvrir un important stock de drogue.
Dans l’appartement, les policiers ont trouvé trois sachets jaunes contenant initialement 100 grammes de MDMA chacun, dont deux entamés, ainsi que deux autres sachets verts de 10 grammes. Du matériel de conditionnement — balance électronique, rouleaux de scotch, sachets plastiques — a également été saisi.
Mais la découverte la plus préoccupante reste celle de 30 munitions de calibre 9 mm, confirmant la dimension potentiellement violente de ce réseau.
Un trafic bien organisé
Selon des sources proches de l’enquête, l’argent provenant de la vente de drogue transitait par Wave, une plateforme de transfert mobile, où les policiers ont trouvé 122 000 FCFA sur le compte du suspect. Cette somme a été saisie en tant que produit du trafic.
Face aux enquêteurs, A.L. Diop a refusé de coopérer, tentant de brouiller les pistes en affirmant résider à Fann Hock. Les investigations numériques ont rapidement contredit ses déclarations.
Une enquête aux ramifications internationales
Les autorités cherchent désormais à identifier les autres membres du réseau, notamment les fournisseurs opérant depuis les États-Unis. Ce trafic illustre la mondialisation des circuits de drogue de synthèse, qui utilisent les nouvelles technologies et les plateformes de paiement mobile pour contourner la surveillance classique.
Placé en garde à vue pour trafic international de drogue de synthèse et détention illégale de munitions, A.L. Diop encourt de lourdes peines. L’enquête se poursuit pour déterminer l’ampleur du réseau et d’éventuelles complicités locales.
Ce coup de filet confirme la détermination de l’OCRTIS à lutter contre les trafics transnationaux qui menacent la jeunesse sénégalaise et la stabilité du pays.

