Dakar, 9 octobre 2025 — Les autorités sénégalaises ont porté un coup dur à un réseau international de trafic de migrants opérant entre Dakar, le Cap-Vert et la Gambie. La Division nationale des investigations transfrontalières (DNIT) a mis la main sur B. Soumaré, principal exécutant du réseau, tandis que le présumé cerveau, A. Kanouté, reste activement recherché.
Un réseau bien organisé vers l’Europe
Selon les informations révélées par le quotidien Libération, l’affaire a éclaté après plusieurs plaintes de victimes. Parmi elles, Y. Doucouré et S. Dembélé, qui affirment avoir versé plus de six millions de francs CFA à Kanouté pour un voyage censé les mener en Europe.
Le réseau promettait des voyages aériens « sûrs », via le Cap-Vert, avec de faux passeports et titres de séjour français, soigneusement fabriqués à Dakar.
Fausse paperasse et embarquements frauduleux
D’après les enquêteurs, B. Soumaré jouait un rôle clé : il fabriquait les faux documents, émettait les billets d’avion et facilitait l’embarquement des migrants à l’Aéroport international Blaise-Diagne (AIBD).
Au total, sept candidats à l’émigration ont réussi à embarquer avant d’être interpellés puis refoulés vers le Sénégal par les autorités capverdiennes.
Des aveux accablants
Placée en garde à vue, Soumaré a reconnu les faits, déclarant avoir agi sur instruction directe d’A. Kanouté, basé en Gambie.
L’exploitation de son téléphone portable a permis aux enquêteurs de découvrir une importante base de faux documents : titres de séjour, passeports et visas falsifiés, attestant de l’ampleur du trafic.
Une chasse à l’homme en cours
Le cerveau présumé, A. Kanouté, reste introuvable. Les services de la DNIT, en collaboration avec leurs homologues gambiens et capverdiens, ont lancé une opération de traque internationale pour le localiser.
Un phénomène persistant
Ce nouveau coup de filet met en lumière l’ingéniosité et la persistance des réseaux de migration irrégulière en Afrique de l’Ouest, malgré les multiples campagnes de sensibilisation et les arrestations successives.
Pour les autorités sénégalaises, ce démantèlement constitue une victoire dans la lutte contre le trafic de migrants, mais aussi un rappel de l’ampleur du défi : celui d’offrir des alternatives crédibles aux jeunes attirés par l’eldorado européen.

