La crise du logement au Sénégal prend une tournure de plus en plus préoccupante. Le député Guy Marius Sagna a, dans une question écrite adressée au ministre du Logement, dénoncé la cherté excessive des loyers et les pratiques abusives qui gangrènent le secteur, plongeant des milliers de familles dans la précarité.
Selon le parlementaire, il est aujourd’hui devenu presque impossible pour un ménage moyen de se loger décemment dans les grandes villes du pays, notamment à Dakar, Thiès ou Saint-Louis. « Les loyers dépassent souvent les 80 000 F CFA pour des logements exigus, parfois insalubres. Après le paiement du loyer et du transport, de nombreuses familles n’ont plus les moyens d’assurer leurs besoins essentiels », alerte-t-il.
Guy Marius Sagna fustige également des pratiques discriminatoires et spéculatives de la part de certains bailleurs. « Des propriétaires refusent de louer leurs biens à des Sénégalais, préférant les étrangers, sous prétexte qu’ils paient plus cher et posent moins de problèmes », déplore-t-il. Une situation qui alimente un sentiment d’injustice et d’exclusion au sein de la population.
Les intermédiaires immobiliers, quant à eux, sont accusés de faire grimper artificiellement les prix. Certains exigent jusqu’à trois mois de caution, dont un leur revient directement, sans restitution à la fin du contrat. Ces pratiques, contraires à la réglementation en vigueur, se multiplient en l’absence de contrôle rigoureux de l’État.
Face à cette flambée des loyers et à ces abus persistants, le député du groupe Yewwi Askan Wi appelle le gouvernement à agir de toute urgence. Il réclame :
- la mise en place d’un mécanisme de régulation des loyers,
- le renforcement des sanctions contre les bailleurs et intermédiaires indélicats,
- et la promotion d’un accès équitable au logement pour tous les citoyens, sans discrimination.
« Le logement est un besoin vital, un droit fondamental. L’État ne peut pas rester indifférent alors que des familles consacrent la moitié de leurs revenus à un toit souvent indigne », martèle Guy Marius Sagna.
Dans un contexte de vie chère généralisée, cette interpellation parlementaire relance le débat sur la nécessité d’une véritable politique nationale du logement, capable de garantir à chaque Sénégalais un toit décent, accessible et respectueux de la dignité humaine.

