La tension monte dans la commune de Madina Baffé, où les jeunes et notables ont organisé une marche pacifique pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « gestion injuste et discriminatoire » du recrutement au sein de la société minière Managem, exploitant la mine d’or de Boto.
Conduite par Souleymane Samoura, Fodé Alpha Tandian et Taha Camara, cette mobilisation, qui a rassemblé plusieurs centaines de personnes, visait à attirer l’attention des autorités locales et nationales sur le sentiment de marginalisation croissant au sein des populations riveraines de la mine.
Un sentiment d’exclusion qui s’amplifie
Pour les jeunes de Madina Baffé et des villages environnants, les promesses d’emploi et de développement local faites lors du démarrage des activités minières n’ont pas été tenues. Ils accusent la société Managem de favoriser des travailleurs venus d’autres régions, voire de l’étranger, au détriment des habitants directement affectés par l’exploitation.
« Nous réclamons simplement justice et équité. Nous voulons que nos jeunes puissent bénéficier des emplois créés sur nos propres terres », a déclaré un manifestant, dénonçant une forme d’injustice économique qui alimente la frustration et menace la paix sociale dans la zone.
Le respect du contenu local au cœur des revendications
Au-delà de la question de l’emploi, les protestataires exigent l’application stricte du contenu local, un principe inscrit dans la législation minière sénégalaise, censé garantir que les communautés locales profitent directement des retombées économiques des projets extractifs.
Selon eux, Managem a recours à des prestataires extérieurs, écartant ainsi les entreprises locales et freinant le développement d’un tissu économique régional.
« Le respect du contenu local n’est pas un slogan, c’est un droit et une condition essentielle de justice sociale », a martelé Fodé Alpha Tandian, l’un des organisateurs de la marche.
Une exigence de responsabilité sociale
Les habitants appellent également à un dialogue ouvert entre les autorités administratives, la société Managem et les communautés locales. Ils souhaitent la mise en place d’un mécanisme de concertation permanente pour assurer la transparence dans la gestion des emplois, des marchés locaux et des projets sociaux.
« Nous ne sommes pas contre l’exploitation minière, mais nous refusons d’être spectateurs sur nos propres terres », a lancé Souleymane Samoura, sous les applaudissements des manifestants.
Les populations rappellent que la stabilité et la paix sociale dans les zones minières dépendent du respect des engagements sociaux et économiques pris envers les communautés locales.
Une interpellation forte à l’État et à Managem
En attendant une réaction officielle du groupe Managem, les habitants de Madina Baffé restent mobilisés et envisagent d’autres actions si aucune mesure concrète n’est prise.
Ils appellent l’État à assumer pleinement son rôle de garant du contenu local et à veiller à une répartition équitable des bénéfices issus de l’exploitation des ressources naturelles.
Ce mouvement à Madina Baffé illustre un malaise grandissant dans les zones minières du pays, où les attentes sociales et économiques peinent encore à trouver des réponses justes et durables.

