Dans la région de Matam, les crues du fleuve Sénégal continuent de semer sinistre et désarroi. Routes submergées, habitations inondées et champs de cultures détruits sont désormais le quotidien de nombreuses localités. Les communes d’Adabéré, Verma, Dembancané et Nguidjilone sont particulièrement touchées, où la vie des habitants est bouleversée par la montée des eaux.
Une visite qui met en lumière le calvaire des habitants
Le député Banta Wagué, coordonnateur départemental du parti Pastef à Matam, s’est rendu sur le terrain pour une visite de remise de dons. Profondément touché par la situation, il a décrit les difficultés extrêmes rencontrées par les populations : « Ce que nous avons enduré pour rallier la localité de Nguidjilone est vraiment catastrophique. À partir du pont de Ndouloumadji, nous avons été obligés de prendre des charrettes pour traverser de vastes mares d’eau, puis des pirogues ont assuré la desserte », raconte-t-il.
Dans ces zones, la pioque est devenue le principal moyen de transport, tandis que les charrettes bravent les étendues inondées pour relier les villages, donnant lieu à une rocambolesque odyssée quotidienne pour les habitants.
Appel à des actions concrètes
Le parlementaire a souligné l’urgence d’une intervention massive des autorités et de la diaspora : « La population du Dandé Mayo souffre et est dans le désarroi. Il est grand temps que de gros moyens soient déployés pour venir à bout de cette situation ».
Exprimer sa frustration face à l’inaction prolongée, pour Banta Wagué, c’est aussi dénoncer le manque de solutions structurelles malgré les années d’alerte : « Dans la zone, c’est le désemparement, et je suis animé d’un sentiment de frustration. Après tant d’années, nous en sommes toujours là. Ce sont des scènes qu’il faut vivre pour les comprendre », affirme-t-il.
Solidarité et soutien aux sinistrés
Lors de sa visite, le député a remis aux habitants des dons composés de denrées alimentaires, de produits détergents et de moustiquaires imprégnées, pour atténuer les effets immédiats des crues. Une aide bienvenue, mais jugée insuffisante face à l’ampleur des dégâts qui perturbent la vie de milliers de riverains.
À Matam, les crues du fleuve Sénégal ne sont pas seulement un phénomène naturel : elles sont devenues un cauchemar récurrent, mettant en lumière la vulnérabilité des populations et la nécessité d’actions préventives et durables pour éviter que le désarroi ne devienne structurel.

