nterpellé dans la soirée du samedi 11 octobre à l’hôtel Terrou-Bi par des agents de la Sûreté urbaine du Commissariat central de Dakar, le patron de presse et proche de l’opposition, Soya Diagne, a finalement été libéré sur convocation, selon des informations rapportées par Seneweb. L’homme devra toutefois se présenter à nouveau devant les enquêteurs lundi 13 octobre à 10 heures.
Une interpellation inattendue au cœur de Dakar
Sur sa page Facebook, Soya Diagne est revenu en détail sur le film de son interpellation, survenue alors qu’il se trouvait dans un cadre convivial.
« J’étais tranquillement assis avec des amis au Terrou-Bi comme d’habitude. D’un coup, cinq gros bras m’ont encerclé en me demandant si j’étais Soya Diagne. J’ai répondu affirmativement. Ils m’ont alors montré leur carte de police avant de me dire : “Nous avons reçu l’ordre de vous amener, veuillez nous suivre.” », a raconté le journaliste.
Selon son témoignage, il s’est exécuté sans résistance et a été conduit directement au Commissariat central de Dakar, où il a été pris en charge par les éléments de la Sûreté urbaine.
« Après 30 minutes d’attente, on m’a remis une convocation »
Arrivé dans les locaux de la police, Soya Diagne affirme avoir patienté environ une demi-heure avant qu’on ne lui notifie la raison de sa présence — ou plutôt, l’absence de raison officielle.
« Après 30 minutes d’attente, ils m’ont dit que le chef de la SU a demandé de vous remettre une convocation pour lundi à 10 h. Sans me dire l’objet de mon interpellation jusqu’à présent », précise-t-il.
L’homme de médias assure n’avoir reçu aucune convocation préalable, ni par téléphone ni par voie officielle, avant cette intervention policière.
« Je ne comprends pas jusqu’à présent ce qui motive un tel agissement », écrit-il, visiblement surpris et interrogatif face à ce qu’il décrit comme une « scène surréaliste ».
Un contexte politique tendu
Ancien proche de Khalifa Ababacar Sall, Soya Diagne est connu pour ses prises de position critiques envers le pouvoir en place. Son interpellation — même brève — intervient dans un contexte politique où plusieurs figures médiatiques et militantes se plaignent d’un resserrement de l’espace des libertés publiques.
Pour l’heure, aucune source officielle n’a précisé les motifs exacts de cette convocation. Mais la démarche soulève déjà des interrogations au sein de l’opinion publique, notamment sur la procédure employée et la nature du dossier visé par la Sûreté urbaine.
Rendez-vous lundi devant les enquêteurs
Libéré sur convocation, Soya Diagne devra se présenter lundi 13 octobre à 10 heures au Commissariat central pour être entendu.
D’ici là, le journaliste dit vouloir rester serein, tout en espérant que « la vérité finira par émerger ».
Un épisode qui, une fois encore, remet en lumière les rapports souvent complexes entre presse et pouvoir dans un climat national marqué par une sensibilité politique accrue.

