Le téléphone portable devient le nouvel objet de discorde dans les écoles sénégalaises. Après la note ministérielle interdisant leur usage, la polémique s’enflamme et révèle une fracture croissante entre élèves et institutions. Thierno Bocoum, ancien parlementaire, s’est élevé contre ce qu’il qualifie de « double langage et d’incohérence » du ministère de l’Éducation nationale.
Portables : à la fois outil et interdiction
Dans sa réponse, le ministère reconnaît que le portable « perturbe les cours » mais concède également son intérêt pédagogique encadré. Pour Bocoum, c’est un contradiction totale : « L’outil est à la fois valorisé et marginalisé. On ne peut pas former à l’usage raisonné d’un outil en le reléguant au rang de dérogation exceptionnelle », fulmine-t-il sur les réseaux sociaux.
Une fracture école-numérique qui s’aggrave
Pour l’ex-député, cette « pédagogie par l’interdiction » alimente la distance entre le système éducatif et les réalités numériques des élèves. Le ministère parle de classe, la note officielle étend l’interdiction à toute l’enceinte scolaire : confusion et incohérence règnent, selon lui, accentuant le fossé avec les jeunes.
Quatre armes pour réconcilier élèves et enseignement
Thierno Bocoum propose de transformer le conflit en opportunité :
- expérimenter la mesure dans des écoles pilotes,
- instaurer des modules sur le numérique responsable,
- offrir des alternatives encadrées comme tablettes verrouillées ou zones dédiées,
- suivre la mise en œuvre avec des rapports nationaux réguliers.
Le portable, bombe à retardement dans les classes
Alors que smartphones et réseaux sociaux rythment la vie des adolescents, leur exclusion totale des écoles risque de déconnecter un peu plus les jeunes du système éducatif. La guerre des portables à l’école est déclarée, et Thierno Bocoum semble prêt à jouer les éclaireurs d’une réforme qui pourrait, enfin, rapprocher pédagogie et numérique.

