L’ancien ministre de l’Énergie et actuel député, Thierno Alassane Sall, a vivement dénoncé l’attitude du président Bassirou Diomaye Faye et de son gouvernement face à la situation dramatique que vit le village de Diamel, submergé par les eaux depuis plusieurs jours.
Dans une déclaration sans concession, le président du parti La République des valeurs (RDV) accuse l’exécutif d’inaction et d’insensibilité. « Le président Diomaye Faye et son gouvernement ne peuvent prétendre ignorer que le village de Diamel était exposé à un risque imminent, quasi certain, d’être emporté par les eaux », a-t-il lancé.
Une alerte ignorée
Selon Thierno Alassane Sall, cela fait près de deux mois que les habitants de Diamel se battent, seuls, pour contenir la montée des eaux, armés seulement de sacs de sable. « À maintes reprises, notamment lors des sessions extraordinaires de l’Assemblée nationale, j’ai alerté sur l’urgence d’agir », rappelle-t-il.
Il souligne que dès le 18 septembre, après les premiers lâchers d’eau du barrage de Manantali, il avait prévenu de la nécessité d’intervenir rapidement. Mais en vain : « Aujourd’hui, Diamel est submergé. Ce n’était pas une fatalité, c’est de la non-assistance à des populations en danger », s’indigne-t-il.
Des mots durs pour Diomaye Faye
Dans sa sortie, l’ancien candidat à la présidentielle n’a pas épargné le chef de l’État. Thierno Alassane Sall reproche à Diomaye Faye son attitude jugée « indécente » en pleine catastrophe : « Alors que Diamel criait au secours, le président s’affichait avec une indécente légèreté dans une partie de scrabble. Il avait le temps et les moyens. Sans doute comme l’année dernière, il ira, en tenue de général, au chevet des sinistrés. Un général qui vient toujours après la bataille ».
Une responsabilité partagée
Le leader de RDV estime également que les députés portent une part de responsabilité : « Les représentants du peuple, réunis par deux fois pour des affaires courantes, ont ignoré une situation extraordinaire qui frappe bien des localités du pays », déplore-t-il.
Pour Thierno Alassane Sall, ce drame est révélateur d’une faille plus profonde dans la gestion des crises : « Le patriotisme, c’est être auprès du peuple », conclut-il, appelant à un sursaut national.

