La salle d’audience du tribunal de Dakar a été marquée, cette semaine, par un moment de forte émotion lors du procès opposant deux domestiques, K. Diouf et K. Senghor. Poursuivie pour coups et blessures volontaires, Diouf a été condamnée à un mois de prison ferme et à verser 300 000 F CFA de dommages et intérêts à sa collègue.
Les faits remontent au 28 juin. Ce jour-là, une dispute entre les deux femmes dégénère violemment. Armée d’un tesson de bouteille, K. Diouf lacère à plusieurs reprises le visage et le corps de K. Senghor. La victime en garde des cicatrices profondes à la joue, à l’oreille et au pied, nécessitant des soins médicaux et plusieurs points de suture.
Un témoignage bouleversant
À l’audience, l’émotion était palpable. Pour prouver la brutalité de l’agression, K. Senghor n’a pas hésité à exhiber son haut et son soutien-gorge maculés de sang. Une scène qui a mis mal à l’aise le juge, lequel lui a demandé de « les ranger ». En larmes, la victime a expliqué comment sa vie a basculé après cette agression :
« Après les faits, mon état de santé n’était plus ce qu’il était. Je ne pouvais plus rien faire. J’ai dépensé mes économies pour me soigner. Mon petit commerce a périclité et j’ai même été expulsée de ma chambre », a-t-elle raconté, accusant son ancienne collègue d’être « à l’origine de tout [son] malheur ».
Des regrets tardifs
De son côté, la prévenue K. Diouf a reconnu les faits, exprimant ses regrets, tout en soutenant qu’elle avait également été blessée lors de la bagarre. La procureure, tout en soulignant la gravité de l’agression, avait requis trois mois de prison assortis du sursis, estimant que la prévenue s’était amendée.
Mais le tribunal a jugé que la violence des actes méritait une sanction plus lourde : K. Diouf a été condamnée à un mois de prison ferme.
Entre justice et douleur sociale
Cette affaire illustre la fragilité des conditions de vie de nombreuses domestiques, souvent livrées à elles-mêmes et sans véritable protection sociale. Derrière la sentence, reste le cri d’une femme brisée par la violence et la précarité. « Je ne pouvais rien faire », a répété K. Senghor, comme pour résumer le désarroi d’une existence bouleversée.

