Montpellier, France – À 36 ans, M. F. B. se retrouve au bord du gouffre. Sénégalais et homosexuel, il avait trouvé en France un refuge et une vie nouvelle. Mais après le rejet de sa demande d’asile, il est aujourd’hui contraint de quitter l’Hexagone, malgré les dangers qui l’attendent dans son pays natal.
Son parcours est celui d’un homme qui voulait simplement vivre librement. Installé en France depuis mai 2022, il avait demandé la protection de l’État français, invoquant les risques majeurs liés à son orientation sexuelle au Sénégal. Débouté par l’OFPRA et confirmé par la Cour nationale du droit d’asile, il a reçu en décembre 2023 une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), assortie d’une interdiction de retour d’un an.
M. F. B. a tenté de se défendre devant le tribunal de Montpellier. Son avocat a décrit les violences familiales qu’il avait déjà subies et son engagement associatif auprès de Fierté Montpellier Pride. Il avait même trouvé un emploi et s’était investi dans le bénévolat pour réussir son insertion. Malgré ces efforts, le tribunal a maintenu l’expulsion, estimant que ces arguments ne suffisaient pas.
Aujourd’hui, ce Sénégalais se trouve face à un choix impossible : revenir dans un pays où son orientation sexuelle le met en danger, ou quitter définitivement la vie qu’il commençait à construire. Son histoire met en lumière les dilemmes tragiques auxquels sont confrontés de nombreux demandeurs d’asile LGBT, pris entre obligations légales et risques pour leur sécurité.
Une vie menacée, un avenir en suspens : le cas de M. F. B. interpelle sur la protection réelle des personnes vulnérables en Europe.

