La lutte contre le trafic de drogues franchit une nouvelle étape au Sénégal. Dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 septembre 2025, les éléments de la Brigade régionale des stupéfiants de Dakar (OCRTIS) ont mis fin aux activités d’un réseau spécialisé dans la culture, la détention et la commercialisation de chanvre indien à Tivaouane Peulh.
Six individus ont été arrêtés au terme d’une opération minutieusement préparée, menée entre 0h15 et 2h56. Parmi eux figurent Youssoupha Faye, Mody Ba, Daouda Thiam, Mamadou Boubacar Maiga, Cheikh Tidiane Diop et Pape Ngagne Ndiaye, présenté comme l’un des principaux fournisseurs.
Une filature qui mène à la découverte de plantations
C’est grâce à plusieurs semaines de surveillance que les enquêteurs sont parvenus à démanteler le réseau. Les allées et venues suspectes autour d’une maison proche du poste de santé de Tivaouane Peulh avaient attiré leur attention.
Le véhicule suspect, un Berlingo blanc, a été suivi après avoir quitté le site avec deux individus à bord. La fouille a permis de retrouver du chanvre indien et une somme d’argent. Mais la véritable surprise est venue lors de la perquisition à leur domicile : cinq plants de cannabis soigneusement cultivés ont été découverts, confirmant que la culture du chanvre faisait partie intégrante du circuit.
Un fournisseur bien implanté
Les investigations ont ensuite conduit les agents chez Pape Ngagne Ndiaye, électricien domicilié à Tivaouane Peulh. Dans sa chambre, la police a mis la main sur près de deux kilos de chanvre indien conditionné en cornets, du matériel de découpe et de conditionnement (ciseaux, couteau), ainsi que de l’argent liquide. Il a reconnu s’approvisionner régulièrement à Malika, dans la zone de Mbeubeuss.
Des acheteurs pris sur le fait
Au moment des interpellations, trois autres individus se sont présentés pour s’approvisionner en cornets, chacun au prix de 1 000 FCFA. Ils ont eux aussi été arrêtés.
La culture locale, un phénomène inquiétant
Si les saisies de chanvre indien sont fréquentes au Sénégal, la découverte de plantations domestiques met en lumière une tendance inquiétante : l’implantation locale de la culture de cannabis. Loin d’être uniquement importé, le chanvre indien est désormais cultivé dans certains foyers, transformant les habitations en véritables points de production et de distribution.
Une riposte des autorités
L’OCRTIS, qui multiplie les opérations dans la banlieue dakaroise, entend frapper fort face à ce phénomène. « La culture et la détention de chanvre indien constituent une menace sérieuse pour la jeunesse et alimentent un trafic lucratif », a confié une source sécuritaire.
Les six mis en cause devraient être déférés devant le parquet pour culture illicite, détention et trafic de chanvre indien. Cette opération illustre la détermination des autorités à endiguer un fléau qui ne cesse de se réinventer au fil des années.

