L’affaire du marché d’électrification rurale confié à AEE Power EPC par l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) continue de faire parler d’elle. Après avoir saisi le Pool judiciaire financier pour demander une enquête sur les conditions d’attribution et d’exécution du contrat, le député Thierno Alassane Sall (TAS) passe à la vérification de terrain.
Une tournée de quatre jours pour constater l’effectivité du projet
À partir du jeudi 23 octobre, le président du parti République des valeurs (RDV) entame une tournée de quatre jours dans les départements de Kébémer et de Louga. Objectif : constater sur place le taux de réalisation du projet d’électrification rurale attribué à AEE Power EPC, censé desservir plusieurs centaines de villages.
« Cette visite de terrain devra permettre de vérifier concrètement les taux de réalisation, la matérialité des chantiers en cours ainsi que la disponibilité des équipements installés », a précisé Thierno Alassane Sall dans un communiqué transmis à la presse.
Cette démarche s’inscrit dans une volonté affichée de contrôle citoyen et parlementaire, face à un projet dont la gestion soulève de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.
Un projet aux contours financiers controversés
Le projet en question, piloté par l’ASER et confié à la société espagnole AEE Power EPC, prévoyait une large couverture de villages dans les régions de Saint-Louis et de Louga.
Selon Thierno Alassane Sall, une avance de démarrage de 37 milliards de francs CFA a déjà été versée, censée permettre l’électrification de plus de 500 villages. Or, plusieurs sources locales affirment qu’aucun chantier concret n’a véritablement démarré, suscitant des doutes sur l’utilisation effective des fonds engagés.
Le député, connu pour ses positions fermes sur la gouvernance des deniers publics, entend donc vérifier la réalité du terrain avant de relancer le débat à l’Assemblée nationale et dans l’espace public.
Une démarche de transparence et de reddition des comptes
Cette initiative intervient dans un contexte de vigilance accrue sur la gestion des marchés publics liés à l’énergie et aux infrastructures. Pour Thierno Alassane Sall, il ne s’agit pas d’un simple acte politique, mais d’un devoir de transparence :
« Quand il s’agit de fonds publics destinés à améliorer la vie des populations rurales, il est de notre responsabilité de vérifier que chaque franc investi produit un résultat tangible », a-t-il déclaré.
Il a également souligné la nécessité pour les institutions concernées — notamment le ministère de l’Énergie, l’ASER et la Cour des comptes — de faire la lumière sur l’état réel d’avancement du projet et sur la conformité de son exécution par rapport aux clauses contractuelles.
Entre attentes sociales et exigences de reddition
Dans les zones rurales concernées, les populations attendent avec impatience la concrétisation de ce projet d’électrification, considéré comme un levier essentiel du développement local.
Mais les retards accumulés et le manque d’informations sur la progression des travaux nourrissent frustration et scepticisme.
La tournée de Thierno Alassane Sall à Louga et à Kébémer pourrait ainsi raviver le débat sur la gouvernance des grands projets publics et servir de test à la promesse de transparence du nouveau régime.

