Un militaire sénégalais est porté disparu en Casamance depuis une opération de ratissage menée le 16 avril 2025 dans le secteur de Mongone, département de Bignona. Selon un communiqué officiel du ministère des Forces armées, signé par le capitaine de vaisseau Ibrahima Sow, le détachement engagé a été pris à partie par un groupe armé, provoquant un blessé et un porté disparu.
Les recherches toujours en cours
Le communiqué, daté du 17 avril 2025, précise que « tous les moyens nécessaires sont mis en œuvre pour retrouver le militaire disparu » et que les opérations se poursuivent « pour sécuriser la zone et protéger les populations ».
Cette disparition intervient dans un contexte sécuritaire tendu dans le sud du pays, où des accrochages entre l’armée et des éléments rebelles continuent d’être signalés, malgré les efforts de stabilisation menés depuis plusieurs années.
Yoro Dia interpelle directement Ousmane Sonko
Sur le réseau social X (ancien Twitter), l’ancien ministre et communicant Dr Yoro Dia a vivement réagi, pointant du doigt le silence du gouvernement sur ce dossier. Dans une publication largement relayée, il a écrit :
« Six mois qu’un vaillant jambar est entre les mains des rebelles. L’oubli est pire que la solitude. Vingt mois qu’on attend que notre Premier ministre respecte sa promesse de faire la lumière sur la disparition des gendarmes Badji et Sambou. »
Une déclaration perçue comme une attaque directe contre Ousmane Sonko, chef du gouvernement, accusé par Yoro Dia de manquer à ses engagements en matière de transparence et de suivi des dossiers militaires sensibles.
Des précédents qui pèsent lourd
Les propos de Yoro Dia font écho à l’affaire non élucidée des gendarmes Didier Badji et Fulbert Sambou, disparus en novembre 2022 dans des circonstances encore floues. Ces deux militaires avaient disparu dans la zone de Cap Manuel, à Dakar, avant que l’un des corps ne soit retrouvé en mer. L’affaire avait suscité une vive émotion nationale et reste, à ce jour, entourée de zones d’ombre.
En évoquant ces précédents, Yoro Dia entend rappeler au gouvernement son devoir de vérité et de redevabilité vis-à-vis des familles de militaires tombés ou disparus en mission.
Casamance : un front toujours sensible
Malgré des avancées notables dans le processus de paix, la Casamance demeure une région marquée par une insécurité latente. Plusieurs factions armées continuent d’opérer dans les forêts frontalières avec la Guinée-Bissau et la Gambie. L’armée sénégalaise y mène régulièrement des opérations de ratissage pour démanteler les bases rebelles et sécuriser les zones de retour des populations déplacées.
Un appel à la responsabilité nationale
Pour beaucoup d’observateurs, la sortie de Yoro Dia met en lumière la nécessité d’une communication plus transparente de la part des autorités, notamment sur les pertes humaines et disparitions dans les zones de conflit.
À travers son interpellation, l’ancien ministre exhorte l’État à honorer la mémoire de ses soldats et à rassurer l’opinion publique sur la protection des hommes en uniforme engagés sur le terrain.
En attendant les résultats des recherches, la disparition du militaire de Mongone vient raviver les plaies d’une région où la paix reste fragile et où chaque silence officiel est perçu comme un abandon.

