L’ancien maire de Guédiawaye, Aliou Sall, a adressé un message au vitriol aux nouvelles autorités, ce mercredi, lors d’une rencontre avec ses partisans. L’ex-édile, frère de l’ancien président Macky Sall, a repris une formule célèbre de ce dernier : «Ne réveillez pas un lion qui dort.» Une phrase lourde de sens, perçue comme un avertissement politique à Pastef, aujourd’hui au pouvoir.
Une rencontre de remerciements transformée en tribune politique
Selon le quotidien Les Échos, Aliou Sall avait convié ses militants pour les remercier de leur soutien après sa garde à vue dans une affaire présumée de blanchiment d’argent, impliquant également son épouse. Le couple a récemment obtenu une liberté provisoire, moyennant une caution de 240 millions de francs CFA.
Mais au-delà des remerciements, l’ancien maire a profité de l’occasion pour régler ses comptes. Devant une foule conquise, il a dénoncé «l’acharnement» dont il dit être victime, tout en mettant en garde le régime actuel :
«Les nouvelles autorités se trompent si elles croient avoir en face des poltrons», a-t-il lancé, sous les applaudissements de ses partisans.
Une pique directe aux dirigeants de Pastef
Visiblement revigoré, Aliou Sall n’a pas mâché ses mots. Toujours selon Les Échos, il a ajouté :
«Peu d’individus parmi ceux qui gouvernent aujourd’hui peuvent se targuer de notre trajectoire, de tout ce que nous avons réalisé et enduré pour ce pays.»
Ces propos, interprétés comme une attaque frontale contre Pastef et le président Bassirou Diomaye Faye, témoignent du retour au verbe offensif de l’ancien proche du pouvoir, longtemps discret depuis la fin du magistère de son frère.
Entre règlement de comptes et repositionnement politique
Cette sortie médiatique d’Aliou Sall intervient dans un contexte où plusieurs figures de l’ancien régime sont dans le viseur de la justice. Certains y voient une tentative de riposte symbolique, voire un repositionnement politique au sein du camp libéral en recomposition.
Pour ses soutiens, Aliou Sall demeure «un cadre d’expérience injustement attaqué», tandis que ses détracteurs estiment qu’il cherche à raviver les tensions politiques à un moment où le pouvoir prône l’apaisement.
Quoi qu’il en soit, en reprenant la célèbre maxime de son frère — «Ne réveillez pas un lion qui dort» —, Aliou Sall a choisi de sortir du silence et de se repositionner sur l’échiquier politique sénégalais. Une mise en garde qui résonne comme un signal de défiance face au nouveau pouvoir.

