À l’approche du centenaire de Me Abdoulaye Wade, prévu en 2026, le Parti démocratique sénégalais (PDS) s’attelle à une vaste entreprise de mobilisation et de mémoire. L’objectif : célébrer le parcours exceptionnel de l’ancien président de la République (2000-2012) tout en redonnant souffle et unité à la famille libérale, longtemps morcelée.
L’appel lancé récemment par Serigne Mbacké Ndiaye, sur le plateau de Jakaarlo (TFM), en faveur de retrouvailles entre les anciens compagnons de Wade, a ravivé un rêve cher à l’ancien chef de l’État : voir réunie la grande famille libérale autour de ses idéaux fondateurs. Cet appel n’est pas resté sans écho. Des figures historiques du camp libéral, à l’image d’Oumar Sarr, ancien coordonnateur du PDS et actuel président du Parti des libéraux et démocrates (PLD-And Sugali), et d’Abdou Salam Bass, responsable de Bokk Gis Gis, ont salué cette initiative et se sont déclarées favorables à une refondation politique autour du PDS, « matrice du libéralisme sénégalais ».
Mais au-delà de la réconciliation politique, l’heure est aussi à la préparation d’un moment hautement symbolique : le centenaire de Me Abdoulaye Wade, né le 29 mai 1926 à Kébémer. Conscient de l’importance de l’événement, le PDS a mis en place deux structures stratégiques :
- le Comité de reconstruction de la famille libérale, opérationnel depuis août 2025, chargé de relancer le dialogue et les retrouvailles entre anciens compagnons ;
- le Comité d’organisation du centenaire, qui coordonnera les célébrations et activités dédiées à l’ancien président.
Selon Ousmane Goudiaby, président de la Fédération nationale des cadres libéraux (FNCL), cette initiative poursuit un double objectif : honorer l’héritage politique et intellectuel de Me Wade, tout en rassemblant les forces libérales autour de Karim Wade, en vue de la présidentielle de 2029. Il plaide pour une réconciliation interne au sein du PDS et une ouverture à d’autres figures historiques comme Ousmane Ngom ou Cheikh Tidiane Sy, afin de bâtir une coalition libérale solide et unie.
Pour Abdou Salam Bass, cette renaissance du courant libéral « ne peut se faire sans le PDS, qui en constitue la source ». Quant à Oumar Sarr, il voit dans cette dynamique « la première étape vers la création d’un grand parti national de masse », inspiré par les valeurs de démocratie intégrale et de panafricanisme chères à Me Abdoulaye Wade.
Ainsi, à travers la préparation de son centenaire, le PDS entend faire plus que commémorer un homme : il veut relancer un idéal politique, celui d’un libéralisme rassemblé, visionnaire et fidèle à l’esprit de son fondateur. Pour beaucoup, ce centenaire pourrait bien marquer le point de départ d’une nouvelle ère libérale au Sénégal, dans le sillage du patriarche de Kébémer.

