Le ton est grave, le message clair. Samba Sy, secrétaire général du Parti de l’Indépendance et du Travail (PIT) et coordonnateur du Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR), est monté au créneau ce dimanche 12 octobre. Invité de l’émission Le Point sur la RTS, l’ancien ministre du Travail a vivement dénoncé la “traque” des proches de l’ancien président Macky Sall, tout en soulignant la place paradoxale qu’occupe ce dernier dans le débat national.
« Le président Macky Sall est l’un des absents les plus présents dans notre pays », a-t-il lancé, estimant que l’ancien chef de l’État, parti à l’étranger, reste malgré lui au centre des discussions politiques. « Quand les données ont changé, il a choisi de partir pour ne pas gêner les nouvelles autorités », a ajouté le leader du PIT.
« Une traque qui ne dit pas son nom »
Samba Sy a expliqué que ses récentes prises de parole publiques ont été motivées par ce qu’il considère comme une chasse aux sorcières visant le camp de l’ancien président.
« Tous les jours, on le charge, on s’en prend à sa famille, à ses proches, à ceux qui l’ont approché. Le fait qu’on traque des gens simplement pour leurs liens avec lui, ça a pu le révulser », a-t-il regretté.
L’ancien ministre a aussi fustigé les poursuites pour “haute trahison” engagées contre plusieurs figures du précédent régime.
« Beaucoup d’arrestations, beaucoup d’abus, beaucoup d’agressions verbales », a-t-il dénoncé, avant d’interroger : « Est-ce que cela change le quotidien des Sénégalais ? Est-ce que ça donne à manger à ceux qui ont faim ? »
Entre reddition et règlement de comptes
Samba Sy a tenu à préciser sa position : il n’est pas opposé au principe de reddition des comptes, mais refuse toute dérive politique.
« La reddition des comptes est admissible, mais le règlement personnel de comptes est inacceptable », a-t-il insisté. « Que chacun rende compte, oui, mais qu’on ne s’en prenne pas à des familles ou à des innocents sous prétexte d’en viser d’autres. »
Il a notamment cité le cas de Mansour Faye, ancien ministre et beau-frère de Macky Sall, placé en détention pendant plusieurs mois.
« Le retenir en prison pendant quatre mois pour des charges aussi vénielles, est-ce juste ? », s’est-il interrogé, dénonçant une justice à deux vitesses.
Un appel à la raison et à l’apaisement
En conclusion, le coordonnateur du FDR a lancé un appel au discernement et à la paix sociale :
« Examinons les choses calmement. La chasse aux sorcières, la traque, le fait de prendre des familles en otage parce qu’on vise une autre cible, c’est révoltant. Dans un pays comme le Sénégal, au XXIᵉ siècle, cela ne peut rien produire de bon. »
Dans un contexte politique marqué par les tensions entre l’ancien et le nouveau pouvoir, la sortie de Samba Sy sonne comme un avertissement. Celui d’un homme de gauche, attaché à la stabilité démocratique, qui redoute que le cycle de règlements de comptes ne vienne fragiliser davantage un pays encore en quête de sérénité politique.

