C’est rentrée des classes ce mardi 14 octobre pour les députés sénégalais. L’ouverture de la session ordinaire unique de l’Assemblée nationale marquera le coup d’envoi d’une nouvelle séquence politique à haut risque, alors que l’hémicycle s’apprête à renouveler son bureau. Si des changements sont attendus, une grande interrogation domine déjà les débats : quelle sera la position de l’Alliance pour la République (APR) concernant le poste de 8e vice-président, qui lui revient de droit ?
Lors de la précédente session, le parti de l’ancien président Macky Sall avait boudé cette fonction, après que la majorité parlementaire s’était opposée à sa volonté de la confier à Farba Ngom, proche du chef de file républicain. Cette décision avait suscité une vive controverse autour du principe de parité, certains élus, notamment du Pastef et de ses alliés, exigeant que le poste revienne à une femme.
Finalement, la majorité avait tranché en faveur de la parité, attribuant le siège à une députée issue du camp présidentiel, profitant ainsi du boycott de l’APR. Un revers politique que le parti de Macky Sall semble vouloir éviter de revivre cette année, même si ses intentions demeurent floues à la veille de la session.
Les tractations se multiplient en coulisses : l’APR cherche à se repositionner dans un hémicycle désormais dominé par les forces proches du pouvoir actuel. Le parti, fragilisé depuis la présidentielle, tente de préserver son influence institutionnelle tout en évitant d’apparaître divisé.
Outre cette bataille symbolique, la reprise parlementaire s’annonce chargée : débat sur la loi de finances, dossiers économiques sensibles et réformes institutionnelles figurent au menu de la session. Mais c’est bien la recomposition interne du bureau, et surtout le choix stratégique de l’APR, qui donnera le ton politique des prochains mois à l’Assemblée nationale.
Entre équilibres politiques, impératifs de parité et luttes d’influence, la rentrée parlementaire promet d’être animée sous le perchoir de l’hémicycle sénégalais.

