L’opération de déguerpissement menée ce vendredi matin sur l’avenue Lamine Guèye, à hauteur de la rue Assane Ndoye, a viré au drame émotionnel. Une jeune vendeuse d’arachides grillées a été prise d’une crise d’hystérie après la destruction de son modeste étal par les agents municipaux.
Une scène de désolation sur la rue Assane Ndoye
Selon des témoins, tout est allé très vite. Alertés trop tard de l’arrivée des équipes de déguerpissement, plusieurs vendeurs ambulants ont tenté de sauver leurs marchandises. Mais la jeune femme, surprise par la rapidité de l’intervention, n’a pas eu le temps de déplacer ses produits, balayés sans ménagement par les agents.
Ses arachides, son matériel de grillade et quelques ustensiles ont été réduits à néant. Sous le choc, la commerçante s’est affalée sur le trottoir, en larmes, avant de pousser des cris de détresse qui ont attiré une foule de passants.
Une crise d’hystérie qui choque les témoins
« Elle n’arrêtait pas de crier et de se débattre. C’était insoutenable », témoigne un vendeur de friperie installé non loin de là. Malgré l’intervention de quelques bonnes volontés pour la calmer, la jeune femme est restée incontrôlable pendant de longues minutes, visiblement submergée par la perte de son gagne-pain.
Des riverains ont dû alerter les secours, tandis que d’autres commerçants tentaient de récupérer ce qu’ils pouvaient de leurs étals épargnés.
Une opération qui relance le débat sur les déguerpissements
Cette scène poignante met une nouvelle fois en lumière les conséquences sociales des opérations de déguerpissement dans la capitale. Si les autorités municipales affirment vouloir restaurer l’ordre urbain et fluidifier la circulation, de nombreux petits commerçants dénoncent le manque d’alternatives viables et la brutalité des interventions.
À Dakar, les campagnes de déguerpissement se multiplient ces dernières semaines sur les grands axes, notamment sur les avenues Blaise Diagne, Lamine Guèye et Poncet, dans le cadre du programme de désencombrement initié par la mairie de la ville.
Sur l’avenue Lamine Guèye, ce vendredi, les cris de la jeune vendeuse auront rappelé la détresse silencieuse de nombreux travailleurs du secteur informel, pris entre la nécessité de survivre et les impératifs d’ordre public.

