Dakar. L’Agenda National de Transformation (ANT), présenté comme l’ossature du mandat du président Bassirou Diomaye Faye, est officiellement entré dans sa phase de mise en œuvre. Réuni le 1er octobre 2025, le Conseil des ministres a validé le lancement des premiers projets majeurs, parmi lesquels le Grand Transfert d’eau, l’électrification et l’hydraulique rurales, la future ligne ferroviaire Dakar-Tambacounda, l’identité numérique ou encore le programme des coopératives agricoles.
Des priorités pour une croissance inclusive
L’ANT entend s’attaquer à des secteurs jugés stratégiques pour le développement : l’agriculture, l’énergie et la mobilité. Trois domaines considérés comme des leviers de productivité mais aussi de justice sociale. « Ces chantiers traduisent notre volonté de bâtir une croissance ancrée dans les réalités locales et bénéficiant à tous », a déclaré un membre du gouvernement, insistant sur la dimension inclusive du programme.
La diversité des projets illustre une approche transversale : infrastructures lourdes pour désenclaver les régions, innovations numériques pour moderniser l’administration et renforcer l’accès aux services publics, appui aux coopératives agricoles pour stimuler la production et l’emploi rural.
Des financements hybrides et souverains
Pour porter ces ambitions, l’État sénégalais mise sur une ingénierie financière diversifiée. Outre l’utilisation de ressources internes, l’exécutif compte mobiliser l’épargne nationale et celle de la diaspora, recourir à des instruments de finance islamique, mais aussi s’appuyer sur des partenariats public-privé (PPP). Une stratégie pensée pour réduire la dépendance à l’endettement extérieur et consolider la souveraineté financière du pays.
Gouvernance et transparence au cœur du dispositif
Un élément clé de l’ANT sera la mise en place d’une plateforme unique de suivi-évaluation en temps réel. Cet outil doit permettre de limiter les lenteurs administratives, d’assurer la transparence dans l’exécution et de renforcer la redevabilité publique.
En adoptant cette approche de « gouvernance de résultats », les autorités cherchent à garantir que les grands chantiers annoncés produisent des effets tangibles dans la vie quotidienne des citoyens.
Un pari politique et social
Avec le déploiement de l’ANT, le président Bassirou Diomaye Faye joue une part essentielle de son mandat. La réussite de ces chantiers sera scrutée par l’opinion, impatiente de voir des retombées concrètes sur l’emploi, l’accès aux services et la réduction des inégalités.
Pour l’heure, le lancement de l’Agenda National de Transformation marque un passage de la promesse à l’action — un test grandeur nature de la capacité de l’État à transformer le pays en profondeur.

