Dakar, 2 octobre. Après le remaniement ministériel du 6 septembre, la Primature connaît à son tour une profonde réorganisation. Le décret présidentiel n°2025-1431, portant répartition des services de l’État, apporte son lot de nouveautés dans le cabinet du Premier ministre Ousmane Sonko. Derrière ces ajustements, se dessine une volonté affirmée de recentrer la stratégie gouvernementale autour de secteurs jugés sensibles et de renforcer la coordination de l’action publique.
Deux nouvelles structures stratégiques
Parmi les changements phares, la création d’un Conseil national des Transports aériens, directement logé dans le cabinet du Premier ministre. Ce conseil, annoncé dès avril dernier, aura pour mission de piloter la gouvernance administrative, économique et financière du secteur aérien, en intégrant tous les acteurs jugés pertinents. Dans un contexte où Air Sénégal et la gestion d’AIBD suscitent débats et inquiétudes, cette nouvelle entité marque une reprise en main directe par la Primature.
Autre innovation : la mise en place d’un Comité interministériel de suivi de l’agenda Sénégal 2050. Logé lui aussi au cœur du cabinet de Sonko, il aura pour rôle de coordonner les actions transversales liées à la vision à long terme du pays. Un signal que la Primature se positionne désormais comme l’organe central du pilotage stratégique.
Le rôle accru de Marie Rose Faye
Avec l’entrée en fonction de Marie Rose Khady Fatou Faye comme secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargée des relations avec les institutions et porte-parole du gouvernement, de nouvelles structures ont vu le jour. Un cabinet spécifique et une Direction des relations avec les institutions viennent renforcer le secrétariat général du gouvernement. Ces aménagements traduisent la volonté de donner davantage de visibilité et de cohérence à la communication politique de l’exécutif.
La Waqf fait son entrée, l’ENA disparaît
Le décret réserve aussi son lot de surprises. L’École nationale d’administration (ENA), jusque-là rattachée à la Primature, a disparu de la liste des services relevant du Premier ministre. Un déplacement institutionnel dont les contours restent flous pour l’instant. En revanche, la Haute autorité du Waqf, auparavant placée sous la tutelle du ministère des Finances, est désormais intégrée à la Primature, signe d’une montée en puissance de cette institution dans la stratégie gouvernementale.
Un recentrage du pouvoir exécutif
À travers ces ajustements, Ousmane Sonko imprime sa marque : renforcer la centralité de la Primature comme lieu de pilotage stratégique, consolider le rôle du Premier ministre dans des secteurs-clés (transport aérien, planification à long terme), et rationaliser la communication gouvernementale. Mais ces choix, comme la disparition de l’ENA, ne manqueront pas de soulever interrogations et débats dans les prochaines semaines.

