« C’est quel type de rupture ça ? », s’interroge-t-il en visant Sonko et Diomaye
Dakar, 2 octobre. Le décret présidentiel réorganisant les attributions du ministère des Infrastructures n’en finit pas de faire réagir. Chargé désormais non seulement des routes, mais aussi des constructions nationales et du pilotage stratégique des grands chantiers, Déthié Fall se retrouve à la tête d’un véritable « super-ministère » aux contours tentaculaires.
Une concentration de pouvoirs qui a fait bondir Mamoudou Ibra Kane. Le leader de Demain c’est maintenant, connu pour sa plume acérée, a décoché une salve critique sur X (ex-Twitter), visant directement le tandem Bassirou Diomaye Faye – Ousmane Sonko.
« Ministre de l’univers »
Dans un post ironique, Mamoudou Ibra Kane a rebaptisé le patron du PRP en « ministre du ciel, de la terre, de la mer et du fer », allant jusqu’à le qualifier de « ministre de l’univers ». Derrière la formule caustique, un reproche clair : trop de missions, trop de prérogatives, trop de centralisation.
« C’est quelle rupture et quel type de management ça ? », écrit-il, mettant en doute la cohérence d’un exécutif qui se voulait en rupture avec les pratiques anciennes mais qui, selon lui, reproduit des erreurs de gouvernance.
Le risque de l’« hyperministère »
Pour le journaliste et opposant, un tel découpage n’est ni stratégique ni efficace. Il rappelle le vieil adage : « Qui trop embrasse mal étreint », insistant sur le risque de dispersion et d’échec quand un seul ministère concentre des responsabilités aussi vastes.
Mamoudou Ibra Kane va plus loin : il interroge la pertinence de retirer certaines prérogatives à des ministères jugés essentiels comme l’Éducation, la Santé, la Justice ou l’Intérieur, pour tout ramener sous l’étiquette « infrastructures ».
Une pique politique assumée
Derrière l’analyse technique pointe une critique politique : l’opposant y voit une contradiction flagrante avec le discours de « co-construction » et de gouvernance partagée prôné par Sonko et Diomaye lors de leur accession au pouvoir.
Avec ce décret, la promesse d’une rupture semble s’éloigner, selon lui, au profit d’une gestion « solitaire » et d’un « hyperministère » risqué.

