Les artères de la capitale sénégalaise n’ont jamais été aussi encombrées. Entre embouteillages, commerce informel et occupation des trottoirs, la mobilité urbaine devient chaque jour un défi pour les Dakarois. Invité sur la RTS, le président de SOS Consommateurs, Me Massokhna Kane, a tiré la sonnette d’alarme sur ce qu’il considère comme une dérive urbaine et sécuritaire.
« Les rues de Dakar sont bondées d’étrangers »
Pour l’avocat, la situation dépasse la simple question d’ordre urbain. « Les rues de Dakar sont bondées d’étrangers », a-t-il dénoncé, pointant du doigt la porosité des frontières sénégalaises et l’absence de contrôle efficace des flux migratoires.
Selon lui, cette faiblesse dans la surveillance frontalière favorise l’installation de personnes aux activités douteuses, voire criminelles, dans le pays.
« Les frontières sont insuffisamment contrôlées. Comment accepter que des gens qui, chez eux, n’osent pas faire ce qu’ils font chez vous ? », s’est indigné Me Kane, appelant l’État à réagir avec fermeté.
Déguerpissements et désordre urbain : une mesure nécessaire mais incomplète
Saluant toutefois les opérations de déguerpissement récemment menées à Dakar, Colobane et dans d’autres grandes villes, Me Massokhna Kane estime qu’elles étaient indispensables pour assainir l’espace public.
Il a dénoncé l’occupation anarchique des trottoirs, notamment dans des zones très fréquentées comme Colobane, où piétons et véhicules se partagent difficilement la voie publique.
« Il n’est pas normal que des citoyens soient contraints de marcher sur la chaussée parce que les trottoirs sont envahis », a-t-il regretté.
Une menace amplifiée pendant l’hivernage
L’avocat a également souligné l’aggravation du problème durant la saison des pluies : « Pendant l’hivernage, les eaux stagnantes chassent les piétons des trottoirs. Cela multiplie les accidents et ralentit considérablement la circulation », a-t-il déploré.
Pour lui, ces désordres traduisent un manque de rigueur dans la gestion urbaine et un laxisme qui met en péril la sécurité des citoyens.
Appel à une application stricte de la loi
Me Kane invite l’État à conjuguer discipline, ordre public et sécurité nationale, en s’attaquant à la fois à l’indiscipline locale et étrangère.
« Il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit, mais de rappeler que nul n’est au-dessus des lois », a-t-il précisé, plaidant pour une application stricte des textes existants afin de restaurer l’autorité publique.
Dakar, une capitale sous pression
Entre croissance démographique, urbanisation galopante et flux migratoires non maîtrisés, la capitale sénégalaise semble étouffer sous le poids de son désordre. Les propos de Me Massokhna Kane sonnent donc comme un appel à la vigilance : assainir l’espace public, renforcer la sécurité et redonner aux Dakarois des rues dignes d’une capitale moderne.

