Dans un contexte marqué par des fractures sociales profondes et une incertitude croissante, l’ouvrage Misons sur l’éducation de Boubacar Mohamed Racine Sy s’impose comme un appel pressant à repenser le Sénégal à travers l’éducation. Plus qu’un simple essai, le livre se veut un manifeste : replacer l’éducation et l’instruction au cœur du développement durable du pays.
Éducation et instruction : deux piliers indissociables
L’auteur, déjà connu pour ses précédents ouvrages Le Sénégal sous laser politique et Présidentielle 2024 au Sénégal : Échec et mat, distingue clairement deux concepts souvent confondus : l’éducation, qui relève des valeurs, des comportements et de la socialisation, et l’instruction, qui correspond à l’acquisition des savoirs. Pour Racine Sy, ces deux dimensions doivent fonctionner en synergie pour construire une société harmonieuse, consciente et durable.
À travers des exemples concrets, il met en lumière les carences du système éducatif sénégalais : déficit d’éducation de base, insuffisance de l’instruction, et dérives comportementales telles que l’irrespect, le culte de l’unilatéralisme ou la méconnaissance du bien public. Ces manquements freinent l’essor collectif. Parmi les causes identifiées figurent la désintégration de la cellule familiale, la pauvreté endémique, l’obsolescence du système public d’enseignement et les défaillances administratives.
Des solutions ambitieuses et concrètes
Mais Misons sur l’éducation ne se limite pas au constat. Racine Sy propose des pistes de réforme ambitieuses : replacer la femme au centre du projet éducatif, assurer une gestion plus efficace des ressources humaines, et ériger une éducation de qualité en pilier d’une citoyenneté active. L’objectif est clair : construire un Sénégal où chaque citoyen est formé à la connaissance et aux valeurs qui fondent une société responsable.
En préface, le professeur Mouhamadou Mounirou Sy salue un ouvrage « venu à point nommé », capable d’aborder la problématique éducative dans sa globalité. « Même les élèves de CM2 peuvent lire ce livre », affirme-t-il, soulignant sa clarté et son accessibilité. Pour lui, ce qui manque aujourd’hui, c’est « le respect de la parole donnée et la gestion du temps », domaines dans lesquels le pays accuse un retard considérable.
Un appel à la mobilisation collective
Pour Boubacar Mohamed Racine Sy, l’éducation est une responsabilité partagée. « Toutes les grandes civilisations, tous les grands hommes – qu’ils soient religieux, scientifiques, écrivains ou politiques – s’accordent à dire que l’éducation est le socle du développement durable », écrit-il.
Il rappelle que la famille est le premier lieu d’apprentissage, avant que l’État ne prenne le relais avec une instruction solide, enracinée dans les valeurs culturelles du Sénégal, telles que le jom (dignité), le fouleu (générosité), le kersa (courage) et surtout le respect. « Un citoyen modèle ne naît pas, il se construit », insiste-t-il, soulignant la nécessité d’un travail patient et rigoureux dès aujourd’hui, sous peine de voir la société sombrer dans la déliquescence morale.
Un ouvrage qui interpelle tous les Sénégalais
En somme, Misons sur l’éducation est un texte qui interpelle autant les décideurs que les citoyens. Il exhorte à une refondation par la base, où l’éducation ne serait pas seulement un droit mais un véritable moteur de développement, d’équité et de cohésion sociale.

