Le projet de résolution visant la mise en accusation de Macky Sall devant la Haute Cour de justice a été officiellement déposé à l’Assemblée nationale. L’annonce a été faite par Ayib Daffé, président du groupe parlementaire de Pastef, qui espérait voir l’ancien président poursuivi pour des faits graves.
Pourtant, malgré l’enthousiasme de Pastef et la majorité écrasante dont le parti dispose à l’Assemblée, deux obstacles majeurs viennent contrecarrer cette initiative.
Le premier blocage est logistique : Macky Sall, désormais installé au Maroc depuis la fin de son mandat, n’a pas remis les pieds au Sénégal, rendant toute convocation devant un tribunal sénégalais actuellement impossible.
Le second obstacle est juridique et symbolique. La notion de « haute trahison », sur laquelle Pastef pourrait fonder sa mise en accusation, demeure introuvable dans les textes. Ni la Constitution ni la loi organique relative à la Haute Cour de justice ne définissent clairement ce concept, souligne Jeune Afrique. Cette lacune juridique fragilise toute tentative de traduction effective de l’ancien chef d’État devant la juridiction.
Ainsi, alors que Pastef espérait marquer un coup politique fort, le projet de mise en accusation se heurte à des limites pratiques et légales, transformant ce qui devait être un instrument de pression en une manœuvre dont l’efficacité reste incertaine.
Cette affaire illustre les difficultés pour un parti d’opposition à faire appliquer des mesures judiciaires contre un ancien président, même dans un contexte de majorité parlementaire favorable, et met en lumière les zones d’ombre persistantes autour de la Haute Cour de justice sénégalaise.

