À Nord Foire, un quartier populaire de Dakar, la tension monte entre les acteurs du transport et l’administration locale. La récente décision du sous-préfet des Almadies, Mouhamadou Lamine Thiam, d’interdire le stationnement des minibus Tata de la ligne 34 à leur point habituel a suscité une vague de colère parmi les habitants et les transporteurs.
Selon les informations rapportées par Wal Fadjri, l’autorité administrative justifie cette mesure par des raisons de sécurité, évoquant la proximité d’un établissement scolaire qui rendrait le stationnement dangereux pour les élèves et les riverains.
Une mesure jugée “injuste et arbitraire”
Les transporteurs affiliés au GIE Darou Salam de l’Aftu, directement touchés par cette décision, dénoncent une mesure « injuste » et « préjudiciable » à leur activité.
« Nous travaillons dans le respect des règles, et ce point de stationnement existe depuis des années. Cette décision met en péril nos revenus et désorganise tout le réseau », s’indigne Ndongo Fall, transporteur cité par Wal Fadjri.
Modou Mboup, chargé des revendications de l’Aftu, estime pour sa part que « l’autorité aurait dû dialoguer avec les acteurs avant de prendre une telle décision ».
Une mobilisation citoyenne en soutien
La colère ne se limite pas aux transporteurs. De nombreux habitants de Nord Foire, soutenus par des autorités municipales et coutumières de Yoff, ont exprimé leur solidarité avec les chauffeurs. Pour eux, la suppression du point de départ de la ligne 34 constitue un préjudice direct pour les usagers, contraints désormais de parcourir de longues distances pour accéder au transport public.
Des manifestations pacifiques ont eu lieu dans le quartier, les participants exigeant la réouverture immédiate du point de stationnement et appelant à une solution concertée.
Le dialogue comme seule issue
Malgré la montée de la tension, les manifestants ont tenu à rappeler le caractère pacifique de leur mouvement et leur disponibilité au dialogue. Ils demandent à l’État et aux autorités locales de reconsidérer la décision et d’ouvrir une concertation avec les transporteurs afin d’éviter toute escalade.
Pour l’heure, le sous-préfet Mouhamadou Lamine Thiam n’a pas encore réagi publiquement aux critiques. Mais à Nord Foire, la colère reste vive et la population semble décidée à maintenir la pression jusqu’à la satisfaction de ses revendications.
Ce bras de fer entre l’administration et les acteurs locaux illustre une fois de plus les tensions récurrentes autour de la gestion du transport urbain dans la capitale sénégalaise, où sécurité, mobilité et concertation citoyenne peinent souvent à trouver un juste équilibre.

