le Collectif pour la défense et la sauvegarde de l’hôpital Aristide Le Dantec a interpellé le Fonds souverain d’investissements stratégiques (Fonsis), à la suite des récentes déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko. Ce dernier avait évoqué la possibilité de générer 126 milliards de francs CFA à partir des trois hectares restants du foncier de l’hôpital, alors qu’aucune transaction immobilière n’a, à ce jour, été enregistrée.
Le collectif exige des éclaircissements
Dans un communiqué rendu public, El Hadji Ablaye Dione, président du collectif, a exprimé sa surprise et ses inquiétudes face à cette annonce, qu’il juge « ambiguë » et « préoccupante ».
« Nous voulons comprendre comment le Fonsis compte mobiliser 126 milliards sans cession foncière. Cette déclaration soulève des questions sur la transparence et la gouvernance du dossier », a-t-il déclaré, en s’appuyant sur la loi sur l’accès à l’information publique récemment adoptée par le Sénégal.
Le collectif affirme avoir adressé une lettre officielle au directeur général du Fonsis, restée sans réponse à ce jour. Il demande la publication des documents financiers et juridiques relatifs à la valorisation des terrains de l’hôpital, afin d’éviter toute confusion sur la nature des opérations envisagées.
Des inquiétudes sur le devenir du patrimoine foncier
Le foncier de Le Dantec, situé en plein cœur de Dakar, représente un enjeu économique et symbolique majeur. Depuis la démolition partielle de l’établissement en 2022 pour sa reconstruction, plusieurs acteurs de la société civile alertent sur les risques de privatisation déguisée.
Le collectif insiste :
« Le foncier de Le Dantec doit rester un bien public au service de la santé des Sénégalais. Il ne saurait être bradé sous couvert d’investissement stratégique. »
Retards dans les travaux et urgence sanitaire
Parallèlement à la polémique foncière, les travaux de reconstruction de l’hôpital accusent d’importants retards, au grand dam du personnel médical. Les travailleurs de Le Dantec dénoncent une dégradation de la prise en charge des patients, notamment ceux souffrant de cancers et d’insuffisance rénale, qui doivent désormais être redirigés vers d’autres structures souvent saturées.
« Le chantier piétine alors que les besoins médicaux sont urgents. Nous demandons à l’État d’accélérer la cadence pour que Le Dantec retrouve sa vocation première : soigner dans la dignité », a plaidé un représentant syndical du personnel hospitalier.
Un dossier stratégique pour le plan sanitaire national
Le dossier Le Dantec s’inscrit dans le plan sanitaire à l’horizon 2050, qui vise à moderniser le système hospitalier sénégalais et à accroître l’offre de soins spécialisés.
Toutefois, la controverse autour de la valorisation du foncier pourrait compromettre la confiance des citoyens dans la gestion des grands projets publics.
Le collectif entend maintenir la pression et promet de saisir les autorités compétentes, voire d’envisager des actions publiques, si la lumière n’est pas faite sur les déclarations du Premier ministre et le rôle du Fonsis dans cette opération.
En attendant, l’hôpital Le Dantec demeure à la croisée des chemins : symbole d’un patrimoine médical historique et terrain d’enjeux financiers qui interpellent la transparence de l’État.

