La Division nationale de lutte contre la traite des personnes (DNLT) a déféré au Pool judiciaire financier (PJF), le 9 octobre 2025, Awa Guèye, présumée impliquée dans un réseau de faux visas. La trafiquante est accusée d’avoir escroqué plusieurs candidats à l’émigration, dont l’un a été refoulé depuis la Turquie après avoir voyagé avec un faux visa albanais.
Des plaintes révélatrices
Entre le 9 juillet et le 22 août 2025, la DNLT a reçu deux plaintes distinctes. Le premier plaignant, C. Seck, a versé 2 000 000 F CFA à Awa Guèye pour faire voyager son beau-frère, M. Sylla, en France. Malgré les promesses, le visa n’a jamais été remis, Guèye prétextant l’avoir oublié chez elle. Les investigations ont rapidement révélé que la trafiquante délivrait de faux visas à d’autres candidats.
Le second plaignant, M. Mané, a versé 2 868 400 F CFA pour deux visas albanais au profit de B. Bah et I. Konté. B. Bah a pu embarquer, mais son voyage s’est interrompu en Turquie : le candidat a été refoulé pour détention de faux documents, alertant M. Mané sur l’escroquerie.
Des aveux partiels et la piste des cerveaux de l’affaire
Extraite de sa cellule du Camp pénal de Liberté 6, Awa Guèye a été auditionnée par la DNLT. Elle a reconnu avoir reçu les fonds des plaignants, précisant qu’elle exécutait les ordres de son employeur, un certain “Monsieur Baldé”, sans plus de précisions.
Concernant le visa albanais remis à B. Bah, Guèye a déclaré ignorer sa fraude, suivant les instructions d’une certaine N. K. Thiam, et affirme ne pas avoir été informée que le voyage avait été effectif jusqu’en Turquie.
Une enquête en cours
Les recherches pour identifier et interpeller M. Baldé et N. K. Thiam, considérés comme les cerveaux du réseau, sont toujours en cours.
À l’issue de l’enquête, Awa Guèye a été conduite devant le procureur de la République du Pool judiciaire financier, pour escroquerie et trafic de faux documents administratifs, marquant une étape importante dans la lutte contre les réseaux d’émigration frauduleuse.
Cette affaire met en lumière les risques encourus par les candidats à l’émigration et l’importance d’une vigilance accrue face aux arnaques aux visas, encore trop fréquentes.

