Le ministère des Finances et du Budget du Sénégal a réagi avec fermeté à la dégradation récente de la note souveraine du pays par Moody’s, qualifiant cette décision de « spéculative, subjective et biaisée ». Selon le communiqué officiel, cette appréciation ne reflète ni les fondamentaux économiques du pays ni les efforts engagés pour stabiliser les finances publiques.
Des efforts concrets ignorés
Le gouvernement met en avant plusieurs mesures qui, selon lui, confirment la trajectoire de redressement économique du Sénégal : le Plan de redressement économique et social, les initiatives pour élargir l’assiette fiscale et les récentes levées de fonds réussies sur le marché régional. Ces actions visent à démontrer que le pays dispose d’une stratégie crédible pour restaurer la stabilité financière et la confiance des investisseurs.
Dans le même temps, le ministère dénonce ce qu’il considère comme une « ligne de conduite douteuse » de Moody’s au cours des derniers mois, invitant investisseurs et partenaires à se fonder sur des données concrètes plutôt que sur des évaluations purement spéculatives.
Moody’s invoque les risques d’endettement
L’agence de notation justifie sa décision par l’augmentation des risques liés à l’endettement et aux tensions de liquidité, rappelant que le déficit budgétaire s’établit à 14 % et que la dette publique atteint 119 % du PIB.
Les autorités sénégalaises soulignent que ces difficultés sont en partie héritées de la gestion du précédent gouvernement, notamment à travers une « dette cachée » révélée par la Cour des comptes, contestée par l’ancien président.
Un engagement clair pour la soutenabilité
Malgré la décision de Moody’s, le gouvernement réaffirme son engagement à restaurer la confiance et la soutenabilité des finances nationales. Pour les autorités, la stabilité économique et financière du Sénégal doit être jugée au regard des actions concrètes et des résultats obtenus, et non sur la base d’analyses jugées subjectives et spéculatives.
Cette sortie traduit la volonté du Sénégal de défendre sa crédibilité financière et d’inscrire ses finances publiques dans une trajectoire durable, tout en appelant la communauté financière internationale à s’appuyer sur des données fiables et vérifiables.

