Dakar, le 11 octobre — Le nom d’Aliou Sall, frère cadet de l’ancien président Macky Sall, refait surface dans une nouvelle affaire judiciaire. Lui et son épouse, Aïssata Sall, sont actuellement dans le viseur du Pool judiciaire financier (PJF), dans le cadre d’une enquête portant sur l’acquisition d’un terrain situé aux Almadies, à proximité immédiate de l’ambassade des États-Unis, rapporte L’Observateur.
Selon la Cellule nationale de traitement des informations financières (Centif), plusieurs flux financiers jugés suspects ont été détectés autour de cette transaction. Les enquêteurs évoquent notamment deux versements totalisant 170 millions de francs CFA effectués par la société Sertem Cia Ex à Aliou Sall, ainsi qu’un transfert de 70 millions de francs CFA provenant d’un certain Sény Thiam. Ce dernier montant aurait été présenté par Aliou Sall comme un prêt déjà remboursé, une version que les enquêteurs cherchent à vérifier.
Vers un élargissement des auditions
Pour retracer avec précision la provenance et la destination des fonds, le PJF prévoit d’élargir les auditions. Deux nouveaux noms sont cités : Amadou Loum Diagne, homme d’affaires identifié comme le vendeur du terrain, et Mbaye Faye, un autre acquéreur mentionné dans la transaction.
L’objectif de ces auditions, selon des sources proches du dossier, est de déterminer la légalité des flux financiers liés à cette opération immobilière et d’établir si des faits de blanchiment d’argent ou d’enrichissement illicite peuvent être retenus.
Une affaire sensible au parfum politique
Cette affaire, qui touche directement un membre de la famille de l’ancien chef de l’État, suscite une forte attention médiatique et politique. Déjà au cœur de polémiques lors de la présidence de son frère, notamment autour de la gestion de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), Aliou Sall se retrouve à nouveau confronté à la justice.
Pour l’heure, ni Aliou Sall ni son épouse ne se sont publiquement exprimés sur ces accusations. Mais du côté du PJF, les investigations se poursuivent afin de faire toute la lumière sur les mouvements de fonds et sur les conditions exactes d’acquisition du terrain des Almadies.
Une affaire qui, selon plusieurs observateurs, pourrait bien relancer le débat sur la transparence dans les transactions immobilières de haut niveau et sur la traque des avoirs illicites dans le Sénégal post-Macky Sall.

