Le commerce sénégalais traverse une zone de turbulence inédite. Selon la Note de conjoncture économique régionale de l’UEMOA, le chiffre d’affaires du secteur a plongé de 32,6 % au deuxième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent, révélant un net ralentissement de l’activité économique dans le pays.
Cette contraction touche toutes les branches du commerce, mais certaines sont particulièrement affectées :
- Commerce et réparation d’automobiles et de motocycles : -39,8 %
- Commerce de gros : -33,5 %
- Commerce de détail : -31,6 %
En glissement annuel, l’indice recule de 32,1 %, traduisant une tendance baissière persistante sur plusieurs mois.
Des services plus résistants mais inégalement impactés
Le secteur des services, lui, montre une baisse plus modérée de 4,0 % sur la même période, tiré par certaines sous-branches spécifiques :
- Activités de poste et de courrier : -75,1 %
- Production audio et vidéo : télévision, cinéma et son : -41,4 %
- Recherche et développement : -37,5 %
- Autres activités spécialisées scientifiques et techniques : -24,8 %
Cependant, sur un an, l’indice global des services enregistre une progression de 5,7 %, signe que certaines niches restent dynamiques malgré le contexte difficile.
Une économie sous tension malgré la croissance
Ces chiffres mettent en lumière les fragilités persistantes de l’économie sénégalaise, où le commerce, moteur essentiel de l’activité et de l’emploi, montre des signes de ralentissement sévère. Pourtant, la croissance globale du Sénégal est projetée à 6,3 % pour 2025 au sein de l’UEMOA, suggérant que d’autres secteurs compensent partiellement le marasme commercial.
Les économistes soulignent que la reprise du commerce dépendra de mesures ciblées, notamment la stimulation de la demande intérieure, la stabilisation des prix et la promotion de l’investissement privé, afin d’éviter que cette chute spectaculaire ne fragilise davantage l’ensemble de l’économie.
Le commerce sénégalais, pivot de l’activité économique et de la vie quotidienne des populations, semble donc à un tournant critique, appelant à une action rapide et concertée des autorités et des acteurs privés pour limiter les dégâts et relancer la dynamique du secteur.

