Le vice-président de l’ONG JAMRA, Mame Makhtar Guèye, est monté au créneau pour réaffirmer son opposition catégorique à toute forme de loi d’amnistie concernant les événements politiques récents. Dans une déclaration publique, le défenseur des valeurs religieuses et morales a tenu à rappeler que cette position ne date pas d’hier.
« Nous avions rejeté la loi d’amnistie dès le 28 février 2024, alors que Macky Sall était encore au pouvoir et que plusieurs dirigeants actuels étaient en prison. Cette position de principe demeure inchangée », a martelé Mame Makhtar Guèye, soulignant la constance de JAMRA dans sa ligne éthique.
Selon lui, il est inconcevable de blanchir des crimes commis en toute connaissance de cause :
« JAMRA n’a JAMAIS cautionné et ne cautionnera JAMAIS une quelconque loi d’amnistie en faveur de quiconque aura volontairement commis un acte criminel », a-t-il insisté.
Des interrogations sur les crimes impunis
Le responsable moral de JAMRA a interpellé les autorités sur la notion de responsabilité pénale, aussi bien pour les civils que pour les forces de l’ordre.
« Comment peut-on amnistier un policier qui a tué volontairement, de sang-froid, et à balle réelle, un manifestant désarmé ? », s’est-il indigné.
Il a également rappelé les tragédies survenues lors des manifestations : les meurtres atroces de Fatimata Bineta Diallo et Oumou Kalsom Diallo, brûlées vives dans un minibus à Yarakh, le saccage de commerces, les bus incendiés de Dakar Dem Dikk, la destruction d’infrastructures publiques et les emplois perdus. Autant d’actes, selon lui, qui ne sauraient rester sans suite judiciaire.
Un cadre juridique déjà suffisant
Mame Makhtar Guèye a rappelé que le Sénégal dispose déjà d’un arsenal législatif solide pour sanctionner les crimes : la loi Latif Guèye n°2007-31 sur la drogue, les textes réprimant le viol, le vol à main armée, l’incendie volontaire, ou encore le meurtre avec préméditation.
S’appuyant sur le Coran, il a cité le verset 32 de la sourate Al-Ma’ida :
« Quiconque tue volontairement son prochain, c’est comme s’il avait assassiné l’humanité entière. »
Pour le vice-président de JAMRA, la justice ne doit souffrir d’aucune exception :
« Que chacun assume donc les conséquences de ses actes criminels ! », a-t-il conclu, dans un appel à la responsabilité morale et pénale de tous les acteurs, quels qu’ils soient.

