Tivaouane Peulh, 2 octobre. Sur le site de 20 hectares attribués en 2017 aux victimes de la démolition de leurs maisons, les membres du GIE Recasement 2 se sont mobilisés pour dénoncer les pressions persistantes et les menaces de la DESCOS (Direction de la Surveillance et du Contrôle de l’Occupation des Sols).
Selon Demba Khady Diaw, secrétaire général du collectif, le directeur général Amadou Ousmane Ba aurait tenté d’intervenir avec 70 gendarmes pour démolir leurs constructions, sans décision judiciaire ni sommation. « En avril 2017, nos maisons ont été rasées sans préavis. Depuis, nous vivons sous location pendant que la Sipress vend des terrains à 30 millions pour 200 m². C’est une spéculation foncière interdite par l’État », dénonce-t-il.
Le terrain, de 20 hectares sur un titre foncier de 60 hectares appartenant à la Sipress, avait été octroyé au GIE Recasement 2 sur instruction de l’État, rappelle le collectif. Malgré une décision favorable du tribunal de grande instance de Rufisque et une prénotation sur le titre foncier 6035, les menaces de démolition persistent. « La DESCOS tient des réunions avec la Sipress pour nous surprendre. Nous avons déposé plus de 200 lettres en mai, sans réponse. Nous demandons que ces 20 hectares soient extraits du titre global et que notre bail soit enfin délivré », insiste Demba Khady Diaw.
Un parcours de lutte et de résistance
Oumar Diop, porte-parole du collectif, retrace un combat de plusieurs années : « Après la démolition, nous avons créé notre mouvement, organisé des marches pacifiques, observé une grève de la faim. L’État nous a octroyé les 20 hectares et remis les papiers. Mais l’ancien ministre Abdoulaye Seydou Sow a tenté de retirer notre autorisation de lotir. Grâce à nos avocats, la Cour suprême a cassé cette décision. Depuis, nous attendons l’application du droit. »
Le collectif interpelle directement le Président de la République et le Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait rencontré les victimes à deux reprises lorsqu’il était dans l’opposition. « Nous ne corrompons personne. Si nous disons des contre-vérités, qu’on porte plainte », affirme Oumar Diop.
Appel à la transparence et à la justice
Seydou Dramé, autre porte-parole, réclame un audit sur les pratiques de la Sipress et de certains responsables. « Anna Ba et Amadou Ousmane Ba doivent être honnêtes avec les populations. La Sipress vend des terrains pour s’enrichir alors que nous avons un droit réel sur ce site. Nous demandons au président de faire la lumière sur les agissements de Papis Diop. »
Face aux intimidations répétées et à l’incertitude, les sinistrés de Tivaouane Peulh exigent désormais la reconnaissance pleine et entière de leurs droits, la délivrance officielle de leur bail, et la fin des pressions. Leur mobilisation est un appel à la justice, à la transparence et au respect des engagements de l’État.

