Gouloum-Béthio (département de Linguère), 1er octobre 2025 – Le calme a volé en éclats ce mercredi matin dans le village de Gouloum-Béthio, commune de Kamb, où de violents affrontements ont éclaté entre populations locales et gendarmes. Bilan provisoire : sept jeunes arrêtés, deux blessés évacués au poste de santé, et le véhicule de la Sénégalaise des eaux rurales (SDER) sévèrement endommagé par des jets de pierres.
La contestation du forage, déclencheur de la colère
À l’origine des tensions, la volonté de la SDER de récupérer le forage du village, une ressource vitale que les habitants estiment leur appartenir. Voyant débarquer les agents de la société, les jeunes du village ont exigé leur départ immédiat, dénonçant ce qu’ils considèrent comme une « confiscation » de leur eau.
Pour prévenir des débordements, une dizaine de gendarmes de Yang-Yang ont été envoyés en renfort. Mais la confrontation a rapidement dégénéré.
Lacrymogènes, pierres et chaos
Selon des témoins, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule, provoquant la colère des villageois. En représailles, ces derniers ont lancé des pierres, endommageant le véhicule de la SDER et détruisant plusieurs biens matériels, notamment des chaises.
Sept jeunes ont été interpellés et conduits à la brigade de Yang-Yang, tandis que deux blessés ont dû recevoir des soins d’urgence.
Une crise sociale et hydraulique
Ces affrontements traduisent un malaise profond autour de la gestion des forages dans la zone rurale. Pour les habitants de Gouloum-Béthio, l’eau est un bien commun dont ils refusent de perdre le contrôle. La SDER, de son côté, revendique la gestion officielle de l’infrastructure dans le cadre de ses prérogatives.
Cette tension révèle une fois de plus la fragilité de la cohabitation entre populations rurales et services étatiques ou paraétatiques, sur fond de méfiance et de revendications sociales.
Les regards sont désormais tournés vers les autorités administratives et locales, appelées à désamorcer une crise qui pourrait embraser toute la commune de Kamb si aucune médiation n’est trouvée.

