Dakar, 29 septembre 2025 – Alors que les opérations de déguerpissement se poursuivent dans plusieurs grandes villes du Sénégal, la contestation enfle. L’opposant Thierno Bocoum, président du mouvement Agir-Les Leaders, a accusé ce lundi le gouvernement de cibler les plus vulnérables pour « donner l’illusion d’agir », au détriment de solutions structurelles.
Des déguerpissements sans alternatives
Depuis plusieurs semaines, les autorités locales mènent des actions musclées contre les marchands ambulants occupant l’espace public. Ces opérations, censées réorganiser la circulation et assainir les centres urbains, laissent derrière elles des centaines de petits commerçants désemparés.
« Aménager l’espace public est une chose, mais s’attaquer au pouvoir d’achat des Sénégalais sans offrir de solutions crédibles en est une autre », a martelé Thierno Bocoum.
Un combat inégal
Pour l’opposant, ces mesures illustrent une politique qui frappe les plus faibles. « Les véritables priorités du pays se trouvent ailleurs. Il est temps que le régime arrête de prendre les Sénégalais pour cibles afin de donner l’illusion d’agir », a-t-il déclaré.
Il souligne que les marchands ambulants représentent une partie essentielle de l’économie informelle et que leur survie dépend directement de leur présence dans la rue. Sans espaces de recasement ni accompagnement financier, « ces déguerpissements ne font qu’aggraver la précarité ».
Une grogne sociale qui monte
Dans plusieurs marchés de Dakar, de Thiès ou encore de Kaolack, les scènes de colère se multiplient. Certains vendeurs, installés depuis des années, dénoncent des « promesses non tenues » concernant la création de zones marchandes dédiées. D’autres parlent de « double peine » : perdre leur lieu de travail et voir leur pouvoir d’achat s’effondrer dans un contexte de vie chère.
Alors que le gouvernement défend une politique d’assainissement urbain, la polémique révèle surtout l’écart entre les impératifs de modernisation et la réalité sociale des classes populaires.

