Dans un entretien inédit avec H5 Motivation, l’ancien président sénégalais Macky Sall est revenu sur l’un des moments déterminants de sa carrière politique, survenu entre 2007 et 2009. Ingénieur de formation, ministre, puis Premier ministre, Macky Sall a raconté comment son passage à l’Assemblée nationale a marqué le début de tensions et de ruptures avec le Parti démocratique du Sénégal (PDS).
L’ascension avant la chute
« Avec Me Abdoulaye Wade, j’ai été plusieurs fois ministre. J’ai dirigé les Infrastructures après le naufrage du Joola, un travail très dur. J’ai ensuite été Premier ministre pendant trois ans et demi », raconte-t-il. En 2007, lors de la présidentielle, Wade le nomme directeur de campagne, contribuant à sa victoire dès le premier tour. Mais le second mandat marque un tournant : Macky Sall est envoyé à l’Assemblée nationale et devient président du Parlement. « Et c’est là que tous mes problèmes ont commencé », confie-t-il.
Les tensions à l’Assemblée
À la tête du Parlement, Macky Sall fait face aux jeux politiques et aux luttes d’influence, se mettant à dos une partie du PDS. Selon lui, la solitude politique s’installe rapidement : « J’ai vu la solitude et le vide se créer de lui-même. Personne ne voulait mourir avec moi. »
La rupture et la naissance de l’APR
Convoqué et limogé par le président Wade en 2009, Macky Sall choisit de démissionner et de rejoindre l’opposition, ouvrant un nouveau chapitre avec la création de l’Alliance pour la République (APR). Cet épisode, s’il marque un moment de tension et de défi, devient le point de départ de sa trajectoire qui le mènera à la présidence du Sénégal pendant douze ans.
Un tournant révélateur
Macky Sall insiste sur l’importance de cette période : le passage à l’Assemblée nationale a été à la fois un obstacle et une opportunité, révélant sa résilience politique et son aptitude à transformer une difficulté en tremplin pour atteindre la plus haute fonction du pays.

