La capitale sénégalaise est frappée par une épidémie silencieuse, mais dont les ravages sont déjà visibles. Sel, sucre, matières grasses et addiction aux smartphones composent un cocktail mortel qui fait exploser les chiffres des maladies non transmissibles (MNT) à Dakar.
Vendredi 26 septembre 2025, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a tiré la sonnette d’alarme lors d’un atelier à la Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture. Selon Dr Seynabou Mbow, la sédentarité atteint plus de 60 % de la population, la consommation excessive de sel 75 %, et l’hypertension touche un quart des Dakarois. Le diabète, déjà préoccupant à l’échelle nationale, atteint 7,7 % dans la capitale, un chiffre qui inquiète les autorités sanitaires.
« Dakar est en danger », prévient Dr Mbow. « Nos habitudes alimentaires, combinées à l’inactivité physique et à l’addiction aux smartphones, créent un terrain fertile pour les maladies cardiovasculaires, le diabète et les complications rénales. Chaque jour, cette bombe silencieuse gagne du terrain. »
Une mobilisation urgente nécessaire
Face à ce fléau rampant, le ministère appelle à une action immédiate : réduire le sel et le sucre dans l’alimentation, pratiquer régulièrement des activités physiques et sensibiliser la population. Les médias sont invités à devenir des vrais relais de prévention, tandis que les acteurs de l’agroalimentaire sont priés de proposer des alternatives plus saines.
La directrice régionale de la Santé de Dakar, Dr Ndéye Maguette Ndiaye Ndom, insiste sur la nécessité d’un financement adéquat et d’une politique de prévention pour freiner la progression des MNT. « Sinon, nous risquons de voir la capitale sombrer dans une crise sanitaire majeure, avec des conséquences dramatiques pour la population », avertit-elle.
Dakar est déjà en état d’alerte, et chaque jour qui passe sans action contribue à renforcer cette épidémie silencieuse. Sel, sucre, smartphones : le cocktail mortel qui décime la capitale est là, et le temps presse.

