À Saint-Louis, l’affaire du jeune policier stagiaire El Hadj Babacar Sène continue de faire couler beaucoup d’encre. Condamné jeudi à trois ans de prison ferme pour avoir porté un coup à un magistrat, le dossier a pris une nouvelle tournure après l’annonce d’un double appel, à la fois du procureur et de la défense. Une situation rare, qui illustre la sensibilité de ce procès dans la vieille ville du Nord.
Une condamnation qui divise
Le verdict du tribunal de grande instance de Saint-Louis a été accueilli avec surprise par une partie de l’opinion. Pour certains, la sanction est jugée trop lourde pour un policier encore en formation, d’autant qu’il s’agissait d’un incident isolé. D’autres estiment au contraire que la justice a voulu envoyer un signal fort face à un acte considéré comme un manquement grave à la discipline républicaine.
Silence gênant de la hiérarchie policière
Selon des sources proches du dossier, l’affaire aurait pu être désamorcée si la hiérarchie policière avait adopté une démarche officielle de reconnaissance de l’incident. « Je pense que si les supérieurs de la police avaient présenté des excuses, l’affaire aurait pu être réglée plus rapidement. Mais malheureusement, ils n’ont rien fait », regrette une source locale. Cette absence de réaction nourrit les critiques à Saint-Louis, où le climat reste tendu entre certains corps de métier.
Saint-Louis, épicentre d’un malaise institutionnel
Au-delà du cas individuel, l’affaire met en lumière la fragilité des rapports entre police et justice dans une ville historiquement considérée comme un bastion de l’État sénégalais. À Saint-Louis, symbole d’ancienne capitale, la condamnation d’un jeune policier résonne comme un avertissement : la séparation des pouvoirs et le respect des institutions ne sauraient être bafoués, même par ceux censés les incarner.
Vers un nouveau procès en appel
Avec l’appel interjeté par les deux parties, le dossier sera rejugé dans les prochains mois. D’ici là, le cas d’El Hadj Babacar Sène continuera d’alimenter les débats dans les rues de Saint-Louis et au-delà. Pour beaucoup d’habitants, il s’agit désormais moins d’un simple incident que d’un symbole de l’équilibre délicat entre les forces de l’ordre et l’autorité judiciaire au Sénégal.

