Le 13 septembre, Ndiogou Barry Sow, homme d’affaires, ne se doute pas qu’il va devenir la victime d’une fraude spectaculaire. Tout commence par un simple bug sur son téléphone portable : son numéro ne fonctionne plus. Pensant à un problème technique, il éteint et rallume son appareil, récupère sa puce, change de puce… rien n’y fait.
Un compte vidé en 72 heures
Quelques jours plus tard, en se rendant à sa banque pour un retrait par chèque, l’homme d’affaires tombe de haut : son compte affiche un solde dérisoire de 7 054 francs CFA, alors qu’il y avait récemment déposé 41 millions de francs CFA, combinant un chèque de 26 millions et près de 15 millions en cash.
Le relevé bancaire révèle l’ampleur du préjudice : 19 opérations frauduleuses ont été effectuées en seulement 72 heures, du 12 au 15 septembre. Selon L’Observateur, un ou plusieurs hackers ont pris le contrôle de son téléphone portable, lié à son compte bancaire, et ont détourné l’argent vers ses comptes Wave et Orange Money avant de le transférer à divers destinataires inconnus.
« Dans la seule journée du 12 septembre, neuf virements ont été opérés de son compte bancaire vers Wave et Orange Money avant d’être envoyés à des numéros inconnus », précise le journal. Le 15 septembre, dix virements supplémentaires ont suivi le même parcours frauduleux.
Une plainte déposée
Face à ce préjudice massif, Ndiogou Barry Sow a déposé une plainte à la Division spéciale de cybersécurité (DSC) contre X, ainsi qu’à la CBAO et à Sonatel, estimant que la fraude nécessitait une coordination et qu’aucun individu seul n’aurait pu agir ainsi.
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière la vulnérabilité des comptes bancaires liés aux téléphones portables et aux services de paiement mobile, ainsi que l’importance d’une vigilance accrue dans le traitement des données personnelles et financières.

