La page municipale de Barthélémy Dias semble définitivement tournée. Après la confirmation de sa défaite devant la Cour suprême et la perte de la mairie de Dakar, l’ancien édile fait face à une nouvelle épreuve, peut-être plus redoutable encore : une mission d’audit de l’Inspection générale d’État (IGE) sur sa gestion.
Selon L’Observateur, cette enquête administrative a été diligentée il y a plusieurs mois, alors que l’intérim de la mairie était assuré par Ngoné Mbengue, bien avant l’élection d’Abass Fall. Objectif : passer au peigne fin l’administration d’un budget de plus de 50 milliards de FCFA, que Barthélémy Dias revendiquait souvent comme un modèle de rigueur et de transparence.
Une double menace judiciaire
Si les inspecteurs découvrent des irrégularités, une procédure judiciaire pourrait être ouverte contre lui. Déjà fragilisé par son inéligibilité de cinq ans et son isolement politique, Dias verrait alors son avenir s’assombrir davantage. « C’est une catastrophe, un naufrage politique », tranche le professeur Demba Guèye, analyste, pour qui une victoire devant la Cour suprême aurait permis à l’ancien maire de consolider son mouvement Sénégal Bi Niou Bokk et d’asseoir son influence dans la capitale.
Un avenir politique en suspens
Au-delà de la justice, Barthélémy Dias se heurte à un autre défi : son poids politique. Dans un paysage dominé par le tandem Diomaye Faye – Ousmane Sonko, ses marges de manœuvre apparaissent limitées. Ses ambitions nationales se heurtent à la réalité d’un appareil politique embryonnaire et d’une base encore trop locale.
Le journaliste Assane Samb nuance toutefois ce tableau sombre. « Ce n’est pas la fin de Barthélémy Dias », insiste-t-il, rappelant le charisme, l’expérience et l’entourage de l’ancien maire de Dakar. Autant d’atouts qui pourraient lui permettre de se repositionner comme figure d’opposition dans un contexte politique mouvant.
Entre victimisation et stratégie de l’ombre
Face aux menaces judiciaires, deux options se dessinent. La première : jouer sur la victimisation, une stratégie qui a déjà profité au Pastef. La seconde : s’inspirer de la « jurisprudence Sonko ». Même inéligible, Barthélémy Dias pourrait choisir de rester un leader d’influence, en propulsant un candidat de son mouvement sur la scène électorale.
Quoi qu’il en soit, l’IGE est désormais au cœur de l’équation. Ses conclusions pèseront lourdement sur l’avenir d’un homme qui, malgré ses revers, demeure l’un des visages les plus connus et les plus clivants de la politique sénégalaise.

