Le Sénégal continue de dépendre massivement des importations de riz blanc, malgré les efforts visant à renforcer la production locale. Selon le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne, le pays importe chaque année en moyenne 1,3 million de tonnes de riz, ce qui accentue le déficit de la balance commerciale nationale.
« Nous devons avoir la lucidité de reconnaître les défis qui persistent. Malgré les avancées, le Sénégal continue d’importer en moyenne 1,3 million de tonnes de riz blanc par an, creusant davantage le déficit de la balance commerciale », a déclaré le ministre ce samedi, lors d’un atelier-bilan de la Saison sèche chaude (SSC) 2025.
Un contrat-programme pour dynamiser la filière
À cette occasion, un contrat-programme a été signé entre le ministère et le Comité interprofessionnel de la filière riz du Sénégal (CIRIZ). L’atelier a été organisé par la Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé (SAED), en collaboration avec le CIRIZ.
Dans un contexte international marqué par l’incertitude, où certains grands exportateurs deviennent importateurs, cette dépendance oblige le Sénégal à un sursaut collectif, a estimé Mabouba Diagne.
« C’est précisément ce tournant que le gouvernement est en train d’opérer : passer d’une logique de soutien dispersé à une dynamique intégrée, structurée et durable », a-t-il précisé, soulignant l’importance de sécuriser le marché national et de renforcer la filière locale.
Vers une sécurisation du marché local
Pour atteindre cet objectif, l’État prévoit la mise en place d’un dispositif de triangulation des informations portant sur les importations et la production locale de riz. Ce mécanisme sera développé en coordination avec le ministère de l’Industrie et du Commerce, ainsi qu’avec l’ensemble des importateurs concernés.
« Parmi les actions prioritaires, l’État prendra des mesures pour sécuriser le marché local, afin d’assurer une meilleure disponibilité du riz et réduire la dépendance aux importations », a indiqué le ministre.
L’enjeu est majeur pour l’économie sénégalaise : renforcer la production nationale de riz permettra non seulement de limiter le déficit commercial, mais aussi de soutenir les producteurs locaux et de stabiliser les prix sur le marché intérieur.

