La mobilisation du collectif Noo Lank, organisée ce vendredi à Dakar pour dénoncer la cherté de l’électricité, a pris une tournure politique avec la participation remarquée du parti La République des Valeurs/Réewum Ngor (RV) de Thierno Alassane Sall. Les militants de l’ancien ministre de l’Énergie ont profité de la tribune pour interpeller le Premier ministre Ousmane Sonko et son camp sur leurs engagements passés.
« Rappeler les promesses de l’opposition »
Selon les responsables de RV, leur présence à la marche ne relevait pas d’un simple soutien au collectif, mais d’un acte de cohérence politique.
« Nous sommes venus rappeler à Ousmane Sonko et à ses partisans leurs promesses lorsqu’ils étaient dans l’opposition », a déclaré Papa Cissé, coordinateur des relations presse du parti.
Il souligne que dans un passé récent, Pastef et RV défilaient ensemble pour dénoncer la flambée des prix de l’électricité et du carburant.
« Aujourd’hui, alors qu’ils sont au pouvoir, ils poursuivent les mêmes injustices qu’ils dénonçaient hier, sans prétendre en apporter la moindre solution », a-t-il martelé.
L’énergie, un paradoxe national
Pour les membres de La République des Valeurs, la situation actuelle est incompréhensible pour un pays désormais producteur de gaz et de pétrole.
« Le Sénégal ne peut pas produire des ressources énergétiques et continuer à vendre son électricité à un prix excessivement élevé. Les populations souffrent, les commerces étouffent et les usines peinent à tourner », a fustigé Papa Cissé.
Cette sortie intervient dans un contexte de tension économique où la hausse du coût de l’énergie alimente un large mécontentement social.
Un pouvoir jugé sans vision
Le ton est monté d’un cran lorsque Abdourahmane Maïga, directeur des structures du parti RV, a dénoncé ce qu’il appelle « l’incapacité du régime de Diomaye à gouverner efficacement ».
« Le régime est incapable de fournir une vision claire, encore moins des résultats. Les nouvelles autorités sont dépassées par les crises successives : les inondations à Touba, les difficultés à Bakel, et la précarité généralisée », a-t-il soutenu.
Pour le parti de Thierno Alassane Sall, cette marche marque le retour de la vigilance citoyenne et un rappel à la cohérence politique.
« Protester contre l’injustice énergétique ne doit pas dépendre du camp au pouvoir », conclut un militant, résumant l’esprit de la participation du mouvement à cette manifestation.
En filigrane, la marche de Noo Lank aura donc servi de tribune pour raviver la mémoire politique d’une opposition devenue gouvernement — et désormais confrontée à la réalité du pouvoir.

