Lors d’une rencontre conviviale avec ses sympathisants à Guédiawaye, Aliou Sall, frère cadet de l’ancien président Macky Sall, a de nouveau fait parler de lui avec une sortie pleine d’humour, mais non dénuée de sous-entendus politiques.
L’ancien maire, récemment revenu sur le devant de la scène après ses démêlés judiciaires, a réagi à la présence du président Bassirou Diomaye Faye au stade Abdoulaye Wade lors du match Sénégal-Mauritanie. Le chef de l’État, venu soutenir les Lions, portait un maillot vert, une couleur symbolique qui n’a pas échappé à la verve de l’ex-édile.
« Si j’avais un maillot blanc, j’assisterais au match, mais je ne porterai pas un maillot vert », a lancé Aliou Sall, déclenchant des rires nourris dans l’assistance.
Puis, dans une formule à la fois amusée et lourde de sens, il a ajouté :
« Je peux taquiner Diomaye Faye, mais je crains son binôme. »
Une référence transparente à Ousmane Sonko, Premier ministre et allié politique du président, connu pour son ton tranchant et son intransigeance à l’égard du régime précédent.
Entre ironie et message politique
Derrière l’humour, les observateurs y voient une pointe d’ironie politique bien calculée. En jouant sur les symboles — le vert, couleur associée à Pastef, et le blanc, symbole de neutralité —, Aliou Sall a subtilement réaffirmé son appartenance à un camp et sa volonté de garder la parole libre malgré la nouvelle donne politique.
Une réapparition médiatique assumée
Cette sortie intervient quelques jours après que Aliou Sall et son épouse ont obtenu une liberté provisoire dans le cadre d’une affaire de blanchiment d’argent présumé, moyennant une caution de 240 millions de francs CFA.
Devant ses partisans, l’ancien maire a profité de l’occasion pour les remercier de leur soutien et pour réaffirmer sa détermination à « défendre son honneur et celui de sa famille ».
Un ton qui rappelle les joutes politiques d’antan
Connu pour son franc-parler, Aliou Sall semble vouloir renouer avec la verve politique qui faisait sa marque à Guédiawaye. En citant le duo Diomaye-Sonko, il tente de se repositionner dans le débat public, oscillant entre humour, défiance et message codé à destination du pouvoir actuel.
Une pique qui fait mouche
Sur les réseaux sociaux, sa déclaration « Je peux taquiner Diomaye, mais je crains Sonko » a rapidement fait le tour, alimentant de nombreux commentaires entre moqueries et analyses. Pour certains, Aliou Sall cherche simplement à désamorcer la tension avec un ton léger ; pour d’autres, il s’agit d’un acte de communication maîtrisé, destiné à rappeler qu’il demeure une voix influente du camp libéral.
Quoi qu’il en soit, avec son humour teinté de lucidité politique, Aliou Sall réussit à se remettre au centre de la scène, prouvant qu’en politique sénégalaise, l’ironie est parfois la meilleure arme pour dire le fond des choses.

