Le président de la République du Sénégal a fait de la modernisation des territoires frontaliers une priorité nationale. En Conseil des ministres, tenu le jeudi 9 octobre, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de construire des infrastructures publiques et sociales dans ces zones stratégiques, longtemps marquées par un déficit d’équipements et d’investissements publics.
Des territoires stratégiques mais marginalisés
« La situation stratégique des zones et territoires frontaliers du Sénégal appelle des investissements publics massifs dans les infrastructures sociales de base », a déclaré le président, selon le communiqué officiel du Conseil des ministres.
Ces régions, situées aux confins du pays et souvent enclavées, jouent un rôle essentiel dans la sécurité nationale, les échanges économiques et la coopération transfrontalière avec les pays voisins comme le Mali, la Mauritanie, la Guinée et la Gambie. Pourtant, elles demeurent confrontées à un retard de développement criant, avec un accès limité aux routes, à l’eau potable, à la santé et à l’éducation.
Le gouvernement mobilisé autour du PUMA
Pour concrétiser cette ambition, le président a instruit le Premier ministre, ainsi que les ministres de l’Intérieur, des Finances et des Infrastructures, de renforcer les ressources budgétaires destinées aux projets à réaliser dans ces zones.
Il a également insisté sur la relance du Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (PUMA), un dispositif lancé en 2016 pour désenclaver et dynamiser les régions périphériques du pays.
Le chef de l’État a proposé qu’un Conseil national de suivi du développement des zones frontalières soit tenu chaque année, sous la présidence du Premier ministre, afin d’assurer une meilleure coordination entre les différents ministères et acteurs impliqués.
Un enjeu de cohésion nationale et de sécurité
Cette initiative vise non seulement à stimuler le développement local, mais aussi à renforcer la cohésion nationale et à sécuriser les frontières dans un contexte régional marqué par l’instabilité du Sahel.
Les zones frontalières, souvent exposées aux trafics et aux menaces transfrontalières, constituent aussi des bastions de résilience communautaire qu’il est crucial de soutenir par des politiques publiques adaptées.
Une vision de développement équilibré
En plaçant les territoires frontaliers au cœur de son agenda, le président réaffirme sa volonté d’un développement équitable du territoire national, où chaque région bénéficierait des mêmes opportunités que la capitale.
Cette orientation, saluée par plusieurs élus locaux, pourrait marquer une nouvelle étape dans la politique d’aménagement du territoire, avec un accent sur les infrastructures de proximité, les services publics essentiels et la valorisation du potentiel économique des zones frontalières.
En somme, le Sénégal veut désormais transformer ses frontières, longtemps perçues comme des marges, en véritables pôles de développement et d’intégration régionale.

