Dakar, le 9 octobre 2025 — Dans un texte long et profondément introspectif publié sous le titre « Par honneur et par vérité », Salimata Dieng, adjointe au secrétaire général national de la Jeunesse Patriotique du Sénégal (JPS), est sortie de son silence après son limogeage de son poste de chargée de mission à la Présidence de la République. Elle y revient sur les raisons de sa prise de parole publique du 10 septembre, qu’elle présente non comme une rébellion, mais comme un acte de sincérité politique et de fidélité à ses convictions.
Une parole assumée malgré les conséquences
« Si ce n’était pas le seul moyen de me faire entendre sincèrement, je ne me serais jamais résolue à publier ce texte sur Facebook », confie Salimata Dieng, précisant que sa démarche visait à alerter sur les dysfonctionnements internes du parti, en particulier la faible implication des jeunes et des militants sincères.
Elle assure que son texte, jugé critique par certains cadres du PASTEF, n’avait pas de visée polémique. « Mon intention n’a jamais été de nuire ni de fragiliser l’institution où je sers », écrit-elle, regrettant que sa réflexion ait été interprétée comme un acte d’insubordination.
Un limogeage ressenti comme une injustice
Selon Salimata Dieng, la réaction de l’appareil politique fut rapide : convoquée à deux reprises les 11 et 12 septembre, elle dit avoir reçu la notification de son limogeage datée du même jour. Une décision qu’elle qualifie de décevante, venant d’un parti qui prône la démocratie interne et la liberté de parole.
« Je ne cacherai pas ma déception d’avoir été limogée pour avoir exprimé une opinion sincère », déplore-t-elle, tout en réaffirmant son attachement au projet politique porté par le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko.
Fidélité au PASTEF et appel au sursaut collectif
Malgré la sanction, la responsable de la JPS se dit plus que jamais déterminée à poursuivre son engagement militant.
Elle cite François Hollande et Max Weber pour appuyer sa conviction que la véritable loyauté en politique est celle envers le peuple, et non envers les hommes.
« Un limogeage n’éteint pas les convictions, n’interrompt pas l’engagement, et ne freine pas une carrière », écrit-elle, citant en arabe le verset coranique : Fa inna ma‘a al-‘usri yusrā (« Après la difficulté vient la facilité »).
Un message de cohésion pour l’avenir
Salimata Dieng remercie par ailleurs le président Diomaye Faye pour la confiance accordée durant son mandat, ainsi que les nombreux militants qui lui ont témoigné leur soutien après la polémique.
Elle conclut sur un appel à l’unité et à la loyauté au sein du PASTEF :
« Nous nous sommes battus pour porter un homme au pouvoir sur la base d’une vision collective, et non d’ambitions personnelles. J’ai toujours été, je suis, et je resterai loyale. »
Son texte, empreint de dignité et de fermeté, sonne comme une mise en garde bienveillante à son propre camp : celle d’une militante qui, tout en acceptant la discipline du parti, revendique le droit à la parole libre et à la critique constructive, par honneur et par vérité.

