L’affaire impliquant le journaliste Madiambal Diagne et l’ancien ministre Pape Malick Ndour, empêchés de quitter le territoire national sans notification préalable d’une interdiction de sortie, continue de susciter de vives réactions. Invité de l’émission Ultimatum sur Seneweb, le défenseur des droits humains Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center, a vivement critiqué la gestion de ce dossier, qu’il considère comme révélatrice d’un grave dysfonctionnement administratif.
« Ils étaient tous les deux à l’aéroport parce qu’il y a eu un dysfonctionnement dans l’administration. Il y a eu un retard dans la transmission de l’information, et c’est déplorable », a déclaré Alioune Tine, soulignant les failles dans la coordination entre les services concernés.
Pour l’ancien président de la Raddho, cet incident met en lumière une carence dans le respect des procédures et interroge la fiabilité des institutions censées garantir les libertés individuelles. « Dans un État de droit, toute mesure restrictive de liberté doit être clairement notifiée à la personne concernée », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d’appliquer les lois « dans le respect strict des procédures et de la dignité humaine ».
Revenant sur le cas de Madiambal Diagne, figure médiatique connue, Alioune Tine estime que la situation aurait pu être évitée. « À la place de Madiambal, surtout avec son statut, je ne pense pas qu’il aurait tenté de s’enfuir. Le problème vient du retard administratif et du manque de coordination », a-t-il analysé, appelant à une meilleure communication entre les différentes autorités judiciaires et administratives.
Face à ces manquements, le fondateur d’Afrikajom Center plaide pour une réforme profonde du système judiciaire et administratif. « Il faut une réforme systémique, conforme aux principes de l’État de droit et à la dignité des citoyens », a-t-il conclu, mettant en garde contre les dérives qui pourraient fragiliser davantage la confiance des Sénégalais envers leurs institutions.
Cette affaire, qui secoue l’opinion publique, relance ainsi le débat sur l’efficacité et la transparence de l’administration sénégalaise, dans un contexte où la bonne gouvernance et la protection des droits fondamentaux demeurent des enjeux majeurs.

