Dakar – Trois ans se sont écoulés depuis la vague de violences politiques qui a endeuillé le Sénégal entre 2021 et 2024, et pourtant, la douleur des familles reste intacte. Samba Dang, député Pastef et 7ᵉ vice-président de l’Assemblée nationale, tire la sonnette d’alarme dans un entretien au Soleil. Les victimes continuent d’attendre vérité et réparation, dans un silence institutionnel qui frôle l’indifférence.
« Dans mon département de Mbirkilane, la famille d’une des victimes me demande encore qui a assassiné leur papa et leur fils, Tamsir Cissé », confie le parlementaire, exprimant la détresse de ceux dont les voix se perdent dans les couloirs de la bureaucratie judiciaire. Il insiste : « Si les procédures judiciaires tardent à se mettre en œuvre, nous devons veiller à ce que la justice se mette en branle pour leur rendre justice. »
Le temps presse. L’abrogation de la loi interprétative n’a pas effacé le droit des familles à exiger que la lumière soit faite. Chaque retard, chaque inertie judiciaire équivaut à une seconde de trop pour ces proches, qui vivent chaque jour avec la mémoire de ceux qu’ils ont perdus. Samba Dang rappelle que la Justice peut agir d’initiative, et que le peuple attend des réponses claires et des actes concrets, pas des discours ou des promesses creuses.
Le député appelle également à la conscience des plus hautes autorités de l’État. Le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, tous deux anciens détenus politiques, connaissent le prix de l’injustice et des souffrances infligées par le pouvoir. Pour Samba Dang, ces expériences devraient se traduire par une action résolue : « Les victimes peuvent avoir confiance en une issue favorable », affirme-t-il.
Cette tribune est un cri de défi et d’indignation : jusqu’à quand le Sénégal laissera-t-il ses familles pleurer dans l’attente de justice ? Jusqu’à quand la mémoire des victimes sera-t-elle mise entre parenthèses, sacrifiée sur l’autel de l’inaction ? L’heure n’est plus aux tergiversations. Il est temps que la justice cesse d’être spectatrice et devienne enfin actrice de la réparation et de la vérité.

