À Dakar, l’heure n’est plus aux débats : les acteurs de la lutte antitabac appellent à une action immédiate pour protéger la population. Réunis le 10 juillet 2025 lors d’un atelier de concertation sur la fiscalité du tabac, des institutions, associations, organisations de la société civile et partenaires internationaux ont lancé un appel pressant pour renforcer la lutte contre le tabagisme au Sénégal.
Selon une étude du CRES (2017), le tabagisme coûte 122 milliards F CFA chaque année au pays, tandis que les recettes fiscales ne représentent que 24 milliards, laissant un déficit dramatique de 98 milliards F CFA. Pour les participants, il est clair que chaque jour de retard dans la réforme fiscale et législative est une journée où des vies sont perdues et des ressources gaspillées.
La fiscalité : une arme de santé publique
Les signataires insistent sur le rôle central de la fiscalité comme levier de protection de la santé publique, conformément à l’article 6 de la Convention-Cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT). Ils demandent au gouvernement de :
- Instaurer une taxe additionnelle sur le tabac, directement affectée à la santé et à la lutte contre le tabagisme ;
- Mettre en place un système de taxation mixte (spécifique et ad valorem) pour dissuader efficacement la consommation ;
- Réviser immédiatement la loi 2014-14, avec interdiction des nouveaux produits du tabac, paquet neutre, interdiction totale de fumer dans les lieux publics et sanctions renforcées ;
- Créer un fonds national de financement de la santé, alimenté par les nouvelles taxes et géré avec transparence ;
- Renforcer les institutions pour contrer l’influence de l’industrie du tabac.
Une mobilisation sans précédent
Parmi les acteurs mobilisés figurent la Commission santé de l’Assemblée nationale, le CNLT, le Forum civil, la LISTAB, l’ASPAT, le Réseau des Badienou Gokh, l’UNCS, l’Association des anciens fumeurs, ainsi que des partenaires internationaux comme Campaign for Tobacco-Free Kids et la Global Alliance for Tobacco Control.
Ces organisations dénoncent un retard inacceptable et exigent que l’État du Sénégal mette en place des mesures fiscales et législatives robustes, capables de freiner durablement la consommation de tabac et de protéger les générations futures.
L’urgence est vitale
« Le tabac tue et nous coûte cher », résume le message central de la déclaration. Pour les acteurs de la santé, chaque mois perdu à ne pas agir se traduit par des vies sacrifiées et des milliards gaspillés. L’appel est clair : le Sénégal doit agir maintenant pour que la fiscalité devienne une arme de santé publique et non un simple outil économique.

