Le gaz sénégalais s’impose comme un enjeu stratégique pour l’avenir énergétique et économique du pays. En déplacement aux États-Unis, le président Bassirou Diomaye Faye a reçu mercredi Andy Inglis, PDG de Kosmos Energy, opérateur du projet gazier transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Au cœur des échanges : l’approvisionnement du marché sénégalais en gaz naturel et ses conséquences directes sur le prix de l’électricité.
Assurer l’approvisionnement national
« Nous avons discuté des progrès réalisés dans le projet GTA, de nos ambitions en termes d’extension et des avantages que le Sénégal peut tirer, notamment en matière de production de gaz domestique », a déclaré Andy Inglis au sortir de l’audience, accordée à la RTS.
L’enjeu est majeur : garantir au Sénégal une sécurité énergétique par une part réservée de la production nationale, afin de réduire sa dépendance aux importations.
Vers une baisse du prix de l’électricité ?
La question est au cœur des préoccupations du régime actuel. En août dernier, le Premier ministre Ousmane Sonko avait dénoncé l’absurdité pour le Sénégal d’importer du gaz alors que du GNL est produit sur son propre sol.
« Sur 2026, nous ne voulons pas aller chercher neuf cargaisons de gaz très loin pour les amener au Sénégal, alors qu’il y a du gaz produit ici », avait-il martelé.
L’approvisionnement local permettrait non seulement de sécuriser le marché intérieur, mais aussi de réduire les coûts de production électrique, avec à la clé une baisse attendue des factures pour les ménages.
Un test pour la souveraineté énergétique
Le projet GTA, partagé entre le Sénégal et la Mauritanie, représente un tournant géopolitique et économique pour la sous-région. Mais il reste à voir si les promesses d’autonomie énergétique se traduiront concrètement dans la vie quotidienne des Sénégalais, longtemps éprouvés par le poids des factures d’électricité.

